Hannah Arendt

l'affiche du film

l’affiche du film

Encore le film d’une réalisatrice : Margareth Von Trotta, pour nous faire le portrait d’une femme

Hannah Arendt est une intellectuelle juive allemande qui a fui l’Allemagne en 1934 et a trouvé refuge  ave son mari aux Etats-Unis après quelques années en France. Elle enseigne la philosophie à l’Université de Chicago quand s’ouvre en 1961 le procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem.

Elle se porte alors volontaire pour couvrir cet événement pour « The NewYorker » sous la forme de cinq articles.

Elle se rend donc à Jérusalem et pense trouver, dans le box des accusés, un monstre, car seul un monstre peut avoir organisé la déportation de millions de juifs. Or elle découvre un être insignifiant, bourré de tics et enrhumé de surcroit, quelqu’un de tout à fait ordinaire et qui dit : (et là une des forces du film est d’intégrer des images d’archives)

  Adolf Eichmann lors de son procès

Adolf Eichmann
lors de son procès

       – je ne suis pas antisémite

      -je n’ai jamais tué personne

     -je n’ai fait que mon devoir, j’ai obéi aux ordres, j’ai respecté mon serment  de servir le Reich.

Mais l’objet du film n’est pas de raconter cet épisode historique, plutôt de nous faire réfléchir sur la banalité du mal. Comment un homme peut-il en arriver à ces extrémités sous la pression de son milieu, de son éducation, de ses passions ou de ses intérêts ? Comment le sensible peut-il submerger à ce point le rationnel ?

C’est que le mal est en chaque homme prêt à se répandre et parce que nous avons été créés libres, il n’y a  que notre réflexion personnelle et intime pour nous garder sur la ligne de crête.

Hannah Arendt se fait les mêmes réflexions sur toute forme de collaboration, de la responsabilité des chefs des communautés juives (les juderäte) dans les déportations au  sionisme et à l’Etat d’Israël. En un mot une pensée libre mais qui, évidemment, ne va pas plaire à tout le monde.

Ses prises de position la feront mettre au ban de sa société, ses amis la lâcheront, il n’y a guère que son mari et ses étudiants américains qui paraitront la comprendre.

Hannah Arendt,       la vraie

Hannah Arendt,
la vraie

Nous ne sommes pas pour autant dans de grands débats philosophiques. Elle reproche à Heiddeger, (son maître et ancien amant)  de séparer la pensée de l’action, un mal ne saurait trouver de justification- on peut penser à l’avortement –malgré tous les artifices pour le faire passer pour un bien et nous empêcher de réfléchir

Hannah Arendt fait vivre ses pensées dans sa vie, quelque soit le prix à payer.

Une belle leçon et un beau film servi par une actrice magnifique (Barbara Sukowa) car il n’est pas facile de peindre  la pensée au cinéma. Ce sont peut-être les volutes de fumée de cette insatiable « clopeuse » qui montrent le mieux  que nos pensées doivent gagner les altitudes du ciel pour échapper à la corruption.

Haddocka

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