Quatrième semaine pour « Cristeros »

et devant ce magnifique succès les salles se multiplient.affiche christeros

         « Mille sabords » est allée voir le film pour vous, voilà ses impressions:

      Tout le monde s’accorde à louer le film « Cristeros » qui le mérite bien.

Superbes prises de vue de Dean Wright, très bons acteurs, du très jeune Mauricio Kuri (José) au vétéran Peter O’ Toole dont c’est le dernier rôle et qui campe un merveilleux et émouvant curé de village. Très belle musique qui met aussi bien en valeur les chevauchées fantastiques des « Cristeros » et des « Fédéraux » à travers les paysages grandioses du Mexique, que les moments de prière et de recueillement des « Cristeros ». josé

L’histoire est désormais connue : Il s’agit de la résistance organisée des catholiques mexicains aux lois antireligieuses décrétées par le général Calles qui dirige le pays en 1926.
Mais quelques détails m’ont surprise: j’ai été choquée d’entendre les personnages s’exprimer en anglais. Certes le film est américain mais peut-être aurait-il gagné en cohérence et en intensité s’il avait été traduit en espagnol…heureusement le leitmotiv et cri de victoire des « Cristeros » est en espagnol « Viva Cristo Rey »…

Ensuite, en tant que femme, j’ai regretté que le rôle des femmes ait été très sous-estimé. Certes, elles apparaissent en première ligne, derrière les banderoles, lors des premières manifestations pacifiques. Puis, on les aperçoit une fois se ceinturant de cartouches sous leurs jupes, mais hélas c’est pour montrer que les cartouches tombent à leurs pieds dans le train …incident qui montrera leur inexpérience, mais heureusement aussi leur courage pour échapper aux policiers; on en surprendra une qui, la peur au ventre, traversera le village, patrouillé par la police, seule, la nuit, pour porter un message aux « Cristeros ». Mission difficile, héroïque, et réussie. Une autre fois, une femme apparaîtra en infirmière dans un camp de blessés… mais nous sommes loin des nombreuses Brigades clandestines de femmes, solitaires par sécurité, et solidaires par conviction, qui devaient approvisionner en armes et munitions les « Cristeros », ayant juré entre autres « Avec la grâce de Dieu, plutôt mourir que trahir ».
Mais, au-delà de ces critiques, le film est magnifique et nous donne à réfléchir. Il y a des symboles qui ne trompent pas : le meilleur général et stratège, Enrique Gorostieta, athée comme il convenait de l’être en cette période, acceptera de prendre le commandement de cette armée de « Cristeros », et finira aussi en « Cristero », demandant au prêtre Vega de le confesser…Il y a José, jeune garçon, qui dès le début du film blesse à la tête ce vieux prêtre pour « jouer » et montrer à son copain « qu’il est cap » , et qui verra ce prêtre tomber sous les balles des Fédéraux, et mourra lui aussi à la fin du film en « Cristero » martyr. En gravissant des marches de granit, les pieds ensanglantés, et en tombant deux fois, José fait évidemment penser à la montée du Christ au calvaire. Puis c’est presque une mise au tombeau : sa mère forcée d’assister à la mise à mort de son enfant fait penser à la Sainte Vierge. De même, tout au long du film, lorsque l’on voit les « Cristeros » prier, c’est toujours au moment de la Consécration, moment crucial de la Sainte Messe, qui est au cœur de la foi catholique.
Ce film sonne juste et touche le cœur. (Le silence et les reniflements au générique de fin en sont la meilleure preuve)messe cristeroth

Comment ne pas penser aux crimes commis en Vendée contre les prêtres réfractaires et leurs fidèles lors de la révolution française ?

Comment ne pas frémir en pensant que quelques décennies plus tard le même scénario s’est reproduit à l’autre bout de la terre ?

Comment ne pas frémir à l’idée qu’un pays comme la France n’est pas à l’abri de tels excès?

Comment rester insensible devant ces « Cristeros », souvent de simples paysans qui risquent leur vie pour rester fidèles au Christ, fidèles à leur foi catholique, comme nous le montre par exemple ce José qui, même devant le peloton d’exécution, ne renoncera pas, jusqu’à son dernier souffle, à crier « VIVA CHRISTO REY ».

Aucune sensiblerie, aucune surcharge, simplement la question qui se pose à chacun d’entre nous :

Moi, en serais-je aussi capable aujourd’hui ?

Mille sabords

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