Le progrès? Oui, mais pas à n’importe quel prix.

    Petite conversation surprise à la terrasse d’un bistro entre une mère et sa fille de vingt ans:                                                            terrasse_suufren2

– « Maman, tu fais quoi demain? J’aimerais passer à la maison pour prendre quelques affaires. Tu seras là? »

– « Attends ma chérie. Je regarde mon agenda ».

Et la maman de sortir de son sac à main un joli petit carnet en autruche, brun, avec crayon doré, très élégant.

-« Maman…c’est pas vrai,  t’as pas encore d’agenda électronique? ».

-« Non. Bien sûr, j’ai mon i-phone », répond la maman qui le sort presque triomphalement de son sac car elle subodore le terrain sur lequel veut l’emmener sa fille. « Mais je préfère un bon crayon et un bon papier! ».

« Evidemment », répond la jeune fille dont on perçoit l’agacement.  » Même ton i-phone est ringard. Tu l’as depuis combien de temps? ».

« Trois ans » rétorque cette mère de famille très calme et dont l’assurance me plait à observer en face de l’énervement de sa fille.

Et s’ensuit alors une conversation sur le progrès  bien révélatrice des temps modernes et qui me rappelle un entretien d’Alain de Benoist paru sur le site: « Boulevard Voltaire » au moment des dernières élections municipales.

Pour ce philosophe qui analyse le comportement de nos contemporains, peu importe qu’un outil marche, soit rentable, soit beau ou convienne à un besoin. Du moment que l’objet (ou l’idée) n’est pas nouveau, il est bon à jeter, à réformer, ou carrément à oublier.

A améliorer? Même pas car le seul fait d’être nouveau lui confère un prestige qui détrône tout apport plus ancien.

Ainsi, pour reprendre les termes d’Alain de Besnoit   Alain_de_Benoist

« La mythologie du progrès repose sur l’idolâtrie du nouveau. Toute nouveauté est ainsi à priori jugée meilleure du seul fait qu’elle est nouvelle ».

Je me rappelle personnellement cette amie américaine venue me rendre visite à mon retour des USA où j’avais habité deux ans et qui s’esclaffait de me voir avec un ordinateur du même âge et qui pourtant marchait très bien, ainsi qu’avec mon téléphone portable sans écran, sans internet donc . Je ne m’en trouvais pas plus sotte pour autant!!

J’ai toujours ressenti comme une arnaque cette attitude qui  consiste à se moquer de votre attachement aux choses dites « anciennes », l’ancien commençant hier!

Ne tombons pas dans le piège, bien sûr, de penser que « tout était mieux avant ». Mais gardons l’esprit critique et osons préférer nos bouquins en papier à ces tablettes électroniques si elles ne nous conviennent pas, notre crayon aux calculatrices s’il nous sied mieux, nos boucles d’oreilles d’il y a 10 ans si elles sont encore jolies et que nous les portons avec plaisir (« Oh mais Maman, c’est vieux çà! », « oui mais je les aime! »).

Ces exemples sont matériels. Dans le domaine des idées auquel s’attache plus particulièrement Alain de Besnoit, il en est de même. Pourquoi tous ces bouleversements dans la constitution de la Famille par exemple si ce n’est, pour beaucoup, pour aller de l’avant, pour jeter les schémas qui ont fait leurs preuves tout simplement parce qu’ils sont vieux?

Je ne néglige pas que cette attitude cache une idéologie subversive bien plus profonde mais pour la faire accepter, leurs auteurs recourent à ce stratagème du mythe de la nouveauté auxquels sont attachés tant de nos contemporains. On leur fait alors croire que « le progrès est un processus accumulant des étapes, dont la plus récente est toujours jugée préférable  et meilleure », pour citer à nouveau Alain de Besnoit.

Alors Mesdames, Mesdemoiselles, stop au bourrage de crâne. Gardons l’esprit critique et restons sereines dans nos choix quotidiens!

Sapajou

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