Aux armes citoyennes

C’est le titre du n°272 de la revue historique des armées qui consacre son numéro à l’évolution de la place des femmes dans l’armée .

Un article signé Marie-Catherine Villatoux intitulé: « Femmes et pilotes militaires dans l’armée de l’Air » a spécialement retenu notre attention. Nous vous en faisons partager l’essentiel.

A la veille de la Grande guerre, huit femmes sont détentrices du brevet de pilote de l’Aéroclub de France contre un peu moins de mille pilotes masculins.

A l’heure des premiers combats, ces aviatrices, dont Marie Marvingt et Marthe Richer, sont très désireuses d’apporter leur concours à la défense de leur pays en guerre. Mais le Haut Commandement déclinera leur offre: « Qu’arriverait-il à ces femmes si elles étaient faites prisonnières? La Convention de La Haye ne pourrait leur reconnaitre le statut de belligérants. »

Pourtant elles ne demandent que l’autorisation d’apporter leur aide: « Il ne s’agit pas pour nous de jouer au soldat, ni de courir des aventures et nous n’avons pas la prétention de bombarder des villes… »

Dans l’entre-deux guerre, si les femmes pilotes sont de plus en plus nombreuses

maryse Bastié

maryse Bastié

telles les deux Maryse (Bastié et Hilsz), aucune ne pense à devenir pilote militaire. Il y a bien, en 1937 la création du corps des infirmières pilotes et secouristes de l’air (IPSA) mais ce n’est qu’une section de soignantes navigantes au sein de la Croix rouge française.

En septembre 1939 les premières femmes pilotes qui souhaitaient la création d’un « corps auxiliaire féminin de l’aviation » sont intégrées aux armées et, par un décret du 11 juin 1940, toute femme brevetée ayant au moins cent heures de vol est autorisée à être affectée comme auxiliaire pilote au grade de sous-lieutenant.

Mais l’armistice et la démobilisation mettent toutefois un terme à cette première timide tentative, même si Maryse Bastié tentera la création d’une école de pilotage féminin au sein de l’armée de l’Air.

Trois femmes pourtant vont opérer en Indochine sans avoir vraiment de statut: Suzanne Delvoy-Janin, Elisabeth Boselli et Valérie André. Cette dernière, première femme pilote d’hélicoptère, première femme général va oeuvrer sans relâche pour que la spécialité « pilote de chasse » soit ouverte aux femmes.

Elle réussira et en 1999,

Caroline Aigle

Caroline Aigle

Caroline Aigle (1) devient la première femme pilote de chasse.

En 2008, une femme, Virginie Guyot, entre à la prestigieuse « Patrouille de France » qu’elle commandera en 2010.

S’il y a aujourd’hui plus de 10 000 femmes dans l’Armée de l’Air, 209 d’entre elles appartiennent au personnel navigant. Formées exactement comme les hommes, elles sont appelées exactement aux mêmes missions.

En temps de paix, on ne peut que saluer ces femmes qui ont réussi à se hisser à des postes qui demandent énormément de compétences intellectuelles et physiques et un mental d’acier.

Mais qu’en serait-il en cas de conflit? Ces femmes pilotes de chasse seraient appelées à bombarder, à tuer, peut-être des civils, des enfants…

On voit bien que c’est le désir de mettre leurs compétences au service  de leur patrie qui a animé ces femmes tout au long de cette histoire et sûrement encore aujourd’hui mais est-ce vraiment la mission d’une femme?

C’est une question que nous nous permettons de poser.

Haddocka

(1) En cliquant « Portraits » sur le bandeau noir de notre page d’accueil, vous en saurez plus sur Caroline Aigle

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