4 femmes

par Wang Shu Hui  wang shu Même si aujourd’hui il est de bon ton de faire table rase du passé pour mieux imposer des idées modernistes souvent dites à tort « de progrès », l’histoire des civilisations et des coutumes ancestrales permet toujours d’en apprendre plus sur nos contemporains.
C’est tout le mérite d’un beau livre original qui vient de paraitre aux Editions FEI et qui, sous le trait de crayon de Wang Shu Hui, dans les années 1930, nous fait percer le mystère de la femme chinoise.

Quatre histoires de femmes traditionnelles nous sont contées, sous la forme d’estampes dessinées avec beaucoup d’élégance et de raffinement.

On découvre la femme et son rôle dans la famille, ses activités, son absence de statut juridique, la polygamie, les mariages arrangés, autant de choses qui n’ont guère évolué qu’à partir des années 1950.2f02f3_a851a48470584ac4b4f2d9a03560adde.jpg_256

On vit avec les héroïnes des histoires d’amour enfermées dans des codes ancestraux où la passion amoureuse n’avait justement pas droit de cité. On s’attache à ces femmes qui ont toutes en commun la volonté de devenir maîtresses d’un destin dont les rênes leur sont confisqués, qui suivent les élans de leur coeur et se révoltent parfois en prenant les armes, souvent dans les larmes… et la mort qui est toujours présente comme la solution ultime des faibles et des démunis.

A ces quatre histoires, on peut ajouter celle de l’auteur, Wang Shu Hui, une des très rares femmes ayant eu en Chine une carrière de dessinatrice, la pratique des arts graphiques étant le privilège exclusif des hommes jusqu’à une époque récente. Elle nous est contée en prologue, sous la plume et non le pinceau d’une artiste d’origine chinoise Shan Sa.

Une bonne introduction à la fois profonde, ludique et artistique à la connaissance de l’âme de la femme chinoise.

Bachi Bouzouk

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