Marie Heurtin ou l’éloge de la charité chrétienne

  film de Jean-Pierre Améris, avec Isabelle Carré, Ariana Rivoire, Brigitte Catillon, actuellement en salles

Cette histoire d’une petite sauvageonne de 13-14ans sourde, muette et aveugle, que ses parents, accablés de ne pouvoir s’en occuper correctement, confient un jour à une institution religieuse nous plonge dans l’admiration devant la charité profondément chrétienne que tant de soeurs ont dispensée, au XIXème siècle (comme dans ce film) , mais jusqu’à la première moitié du XXème aussi, pour avoir personnellement connu de telles vies consacrées au bien des âmes comme à celui des corps.

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Tout parait impossible pour sortir cette petite fille brutale, révoltée, méchante même,  de sa « prison ». Soeur Marguerite, en la voyant arriver au pensionnat, a cependant l’intuition dictée par sa Foi et  par sa bonté chrétienne qu’elle va pouvoir ouvrir cet enfant au monde.

Sous le regard incrédule mais  finalement bienveillant de sa supérieure, Soeur Marguerite s’attèle donc à la tâche de sortir cette adolescente de la nuit où la plongent cécité, mutisme et surdité. Les outils pour y parvenir? Un amour du prochain inébranlable s’exprimant ici  par le toucher et l’odorat, les deux seuls sens dont dispose Marie pour « communiquer » avec l’extérieur.

Les coups portés par cette enfant à sa bienfaitrice pleuvent. Elle se rebiffe, se révolte, casse la vaisselle du réfectoire, saccage les plantes du potager amoureusement plantées par Soeur Marguerite qui ne ménage pas sa peine malgré une tuberculose déjà bien avancée.

La suite…très belle , nous vous laissons la découvrir.

Mais cette jeune Soeur qui va se consumer d’Amour pour essayer de sauver Marie pose une question douloureuse :

Si les dévouements personnels existent toujours (et ils sont très nombreux), nos mises aux normes drastiques n’ont-elles pas tué tous ces dévouements au sein d’institutions religieuses si réconfortantes?

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Ce pensionnat pour enfants handicapés pourrait-il exister aujourd’hui?

Ceci d’un point de vue strictement médical, le côté religieux relevant d’un autre débat…

Nous avons une médecine de pointe, mais où est l’initiative laissée à ces bonnes religieuses, qui à défaut de science avaient l’Amour des âmes et des êtres ce qui leur  faisait faire des prouesses , telles qu’elles sont évoquées dans ce film?

Merci à Jean-Pierre Améris d’avoir porté à l’écran un sujet qui fait l’éloge de toutes ces soeurs, plus souvent tournées en dérision de nos jours que louées.

Qu’il est réconfortant de regarder ce film beau, simple et sain et si émouvant, servi par des actrices magnifiques.

Soyez donc profondément remercié, cher Monsieur!

Sapajou

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