Le roman des heroïnes de Dieu.

 

le-roman-des-heroines-de-dieu_article_largePour ce livre paru en 2011,Louis Daufresne, ( alors rédacteur en chef à Radio Notre Dame), a choisi de peindre le portrait de neuf femmes, sur une période allant du deuxième au dix-septième siècle .

De condition sociale fort différente, courtisanes pour ne pas dire prostituées , reine, simple petite indienne d’Amérique du Nord ou bergère des Pyrénées , elles ont toutes en commun leur Foi chrétienne et cette vaillance que celle-ci leur donne et qui les conduit jusqu’au martyre.

Remarquez bien le titre: « le roman des héroïnes de Dieu ». Le lecteur est prévenu: il ne s’agit pas d’une hagiographie ni d’une biographie mais du récit imagé, romancé, très vivant de femmes ayant bien existé, évoluant dans un cadre historique et géographique véridique mais dans un contexte romancé, évoquant péplums romains ou poursuite de pirates.

Ainsi, par exemple et pour ne citer que l’une d’elles, Eudoxie,  » la belle amoureuse d’Heliopolis ». Tout est là pour faire rêver : les palmeraies d’Orient s’étendant au pied de la terrasse d’où notre courtisane attend fiévreusement l’arrivée de Trajan venu de Rome inaugurer le temple de Jupiter commencé sous Néron, les soieries et les vaisselles d’or et d’argent apportées par les caravaniers arrivant de Palestine, de Damascène, d’Arabie ou de Cyrenaïque confiées au soin d’une kyrielle d’esclaves pour que tout fût impeccable pour la visite impériale, jusqu’à l’attente joyeuse, insouciante, langoureuse d’Eudoxie. Elle sait combien ses charmes sont puissants! Quand le cortège de l’Empereur va-t-il enfin apparaître qu’elle puisse se réjouir de ces caresses impériales ou de la tendresse de ce beau Marcellus qu’elle aime sincèrement?

Mais une voix l’appelle, une nuit, une voix irrésistible « une voix chaude, profonde, d’une tessiture admirable ». Qui pouvait bien chanter à cette heure-ci?  De sa terrasse Eudoxie en cherche la provenance mais elle doit attendre le lendemain pour quitter son palais et trouver la réponse : c’est un Chrétien qui psalmodiait. Celui-ci lui explique doucement, profondément le bonheur de vivre pour Jésus. Eudoxie fond en larmes et comprend combien sa vie, sensuelle jusque là, l’a privée « du bonheur d’aimer et d’être aimée « .

Notre jeune femme retourne à son palais transfigurée. Toute sa vie passée lui fait horreur . Elle appréhende l’arrivée de l’Empereur et de son cortège. Le beau Marcellus se présente à elle. Eudoxie tremble encore d’amour pour lui mais elle SAIT que c’est Dieu seul qu’elle veut aimer dorénavant.

Une ravissante courtisane qui refuse ses charmes aux romains parce qu’elle s’est convertie au Christianisme. On se doute que le martyre est proche et Eudoxie l’affronte avec cette phrase sublime:

« Ma vraie vie est devant moi »…

Tel est le récit condensé de l’une de ces héroïnes de Dieu. Certaines, après leur conversion, ont vécu suffisamment longtemps pour être tellement malheureuses de leur vie passée qu’elles ont cherché dans la mortification des sens un moyen expiatoire.

Si certaines d’entre vous en sont alarmées, qu’elles se souviennent que  notre bon St. Paul évoque dans l’Epitre aux Corinthiens (1, 9.24-27) ce moyen de dominer son corps .

Un très beau livre donc, que l’on pourra mettre au programme de ses lectures de Carême.

Sapajou

 

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