La mère, cette femme de trop

 

Petit buzz sur la Toile à l’occasion du dernier défilé Dolce&Gabbana :

L’hommage des stylistes à la « mamma » dérange.

TOPSHOTSItalian actress Bianca Balti (2ndL) walks on the catwalk with models at the end of the show for fashion house Dolce & Gabbana at the women Fall / Winter 2015/16 Milan's Fashion Week on March 1, 2015.  AFP PHOTO / FILIPPO MONTEFORTEDes mannequins enceintes ou non, accompagnées de bébés, viennent de quitter le podium, et hop ! Internet s’emballe et les articles laissent fuser çà et là des cris de vierges effarouchées.

« Un défilé sexiste et conservateur » fustige une rédactrice, outrée que l’on puisse montrer des femmes enceintes radieuses, d’autant plus que, selon elle, la femme « engrossée » ne plaide pas en faveur du féminisme.

Pire, l’auteur de l’article subodore un message insidieux. En effet, valoriser l’image de la mère ou de la future maman, dans un défilé de mode, nous ramène aux pires heures de notre histoire féminine : celle où la femme, honte à elle, « restait sagement à la maison ». Pour quoi faire ? La pire des turpitudes : « s’occuper des enfants, se faire belle et cuisiner en attendant le retour de son mari ! En somme, pourvoir au bien-être familial…

Ailleurs, toujours sur Internet, on se scandalise de l’image renvoyée par ce défilé : « La femme toujours vue comme une mère » titre-t-on. Mettre en valeur la maternité, « rôle socialement créé », quelle horreur ! L’auteur de l’article nous explique même que « la fonction maternelle n’est en rien essentielle à l’existence féminine », assertion empreinte d’un constructivisme qui ne déplairait pas à Judith Butler. Pire, la marque italienne  « sacralise » la femme de façon éhontée en l’habillant de « robes souvent longues, jamais transparentes ». Simone de Beauvoir en pleurerait !

Moi aussi, d’ailleurs ! Car je vois que la presse féministe, à force de calandrage, cylindrage et autre laminage, finira bien par convaincre nos filles que leurs mères mériteraient d’être tondues pour leurs maternités radieuses, leurs soupes maison, leurs robes trop longues-jamais-transparentes et leur fidélité.

Anacoluthe

Publicités
Cet article a été publié dans Billets d'humeur. Ajoutez ce permalien à vos favoris.