Deux expositions à voir

Piero Fornasetti : la folie pratique

assiette en trompe-l'oeil

assiette en trompe l ‘oeil

Première rétrospective en France du designer italien et malgré une affiche et un titre peu engageants, l’exposition aux Arts Décoratifs de Paris est superbe et nous fait voyager dans un monde imaginaire ludique, coloré qui met du baume au cœur. Ce designer des années 50-60 ne se prend pas au sérieux et pourtant…les thèmes du théâtre, des villas palladiennes posent leurs masques et leurs perspectives sur les mille objets quotidiens comme des assiettes, boîtes, plateaux, des corbeilles à papier ou des miroirs. Tout le mobilier (secrétaires, paravents, chaises,) s’anime de trompes l’ oeil extraordinaires en grisaille ou en couleurs qui prouvent le talent de dessinateur, d’architecte et de coloriste de ce grand artiste. Tout est fait pour rendre le quotidien plus beau que nature, pour l’ illuminer, voire le transcender.

Musée des arts décoratifs ,107 rue de Rivoli,75001   Jusqu’au 14 Juin 2015

Fashion mix: mode d’ici, créateurs d’ailleurs.

FashionMix_HeaderConçue et réalisée par le Palais Galliéra, cette exposition a lieu au musée de l’Immigration et ce non sans raison. L’objectif est de montrer que si Paris fut dès le début de la Haute Couture la capitale de la mode, elle sut accueillir de nombreux créateurs étrangers qui participèrent ainsi au rayonnement de la France. L’originalité est de montrer les modèles des écoles anglaises, italiennes, espagnoles accompagnés de documents venant des archives nationales réunis par le Musée national de l’Immigration. Ainsi sont exposés des modèles de Frédéric Worth fondateur du concept de la haute Couture et en même temps l’acte de création de la maison Worth le 20 avril 1858 à Paris. Il souhaitait même que son nom fût prononcé à la française (= Vort !). Tout comme l’acte de création de la maison d’Edward Molyneux .

Mariano Fortuny, vénitien, fait breveter ses inventions textiles (le plissé permanent magnifiquement illustré par la robe Delphos « paradigme de l’harmonie et de la grâce » qui sort rarement de ses tiroirs ) à l’Office national français.
Emouvant est le dossier de naturalisation d’Elsa Schiaparelli qui stipule qu’ elle est très honorablement connue…, qu’elle parle couramment le français… qu’ elle est complètement assimilée à nos usages et à nos coutumes… qu’elle emploie 139 employés et ouvriers dont 118 français. »
Plus loin ce sont les splendides broderies importées par les femmes qui accompagnaient les Russes Blancs réfugiés à Paris et à côté on découvre les certificats de réfugiés, les certificats de nationalité, les cartes de séjour de résident privilégié, les documents de l’OFRA (l’Office français de protection des réfugiés et apatrides) Les Russes Blancs fuient le régime soviétique, Balenciaga fuit l’Espagne franquiste, et tous rêvent de Paris….
Plus proche de nous on apprend que Kenzo a débarqué sans le sou à Marseille et fonce à Paris. L’une de ses premières robes est exposée ici, entièrement faite de rubans achetés au marché Saint-Pierre ! Et déjà c’est du Kenzo avec son sens des couleurs, de l’entrelacement des tissus .Impressionnant !
Chacun tirera les conclusions qu’il veut de cette histoire de l’immigration revue à travers les prismes de la mode mais ce fut un temps de l’immigration réussie où devenir français était un honneur que l’on s’efforçait de mériter.

Musée national de l’Immigration : 293 avenue Daumesnil 75012.Métro Porte dorée. Tramway 3a

jusqu’au 31 mai

Mille sabords !

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