Où l’on retrouve Madame Bâ

madame baCertaines se souviennent peut-être de ce roman d’Erik Orsenna, où Madame Bâ, malienne, demande un visa pour la France afin d’aller récupérer son petit-fils Michel qui, déçu d’une  carrière footballistique qui aurait pu être glorieuse, a sombré dans la drogue.

Mais Madame Bâ n’est pas Madame tout le monde et pour remplir le formulaire 13-0021 de l’administration, elle déborde largement des cases et doit raconter toute sa vie.

Après dix ans passés à Villiers le Bel, dans le 95, Madame Bâ, poussée par ses compatriotes, rentre au pays pour voir de près ce qui s’y passe alors que le Nord est déjà aux mains des djihadistes et c’est ainsi que commence ce nouveau roman:  Mali, ô Malimali3

Elle emmène avec elle son petit-fils qui sera son griot, c’est-à-dire celui qui raconte, le gardien de la tradition orale.

Quand elle atterrit à Bamako, elle retrouve sa famille, une famille à rallonge, rallongée encore de ceux qui ont fui le Nord, puis part visiter un camp de réfugiés au Niger mandatée par un sien cousin-ministre, enfin arrive à Tombouctou par le fleuve… en même temps que le Président français.

Impossible de tout raconter mais Madame Bâ n’a pas changé, malgré ses années et ses kilos en plus, elle est toujours aussi déterminée ce qui ne va pas forcément de pair avec la nonchalance ambiante. Elle a aussi beaucoup de coeur, quelques bottes secrètes et des idées très arrêtées pour « sauver l’Afrique ».

C’est truculent, très drôle, ce qui fait qu’on ne lâche ce livre qu’une fois terminé. Erik Orsenna aime l’Afrique et nous la fait aimer avec son formidable potentiel humain mais aussi ses défauts, laissons -nous régaler par son extraordinaire talent de conteur.

Madame Bâ (2005) et Mali, ô Mali (2015) de Erik Orsenna

Haddocka

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