Infirmières en 14-18

Nul ne peut ignorer l’importance de ces femmes lors de la première guerre mondiale pour soulager les souffrances physiques autant que morales.Les-femmes-heroines-oubliees-de-14-18_article_main Les soldats y voyaient, qui leur épouse, qui leur mère ou leur soeur.

Aux infirmières déjà formées avant la guerre dans « La société de secours aux blessés militaires », « l’Association des dames françaises » ou « l’Union des femmes de France », infirmières surtout recrutées dans les milieux très favorisés, on vit arriver dès le début du conflit, des volontaires bénévoles aux soins des blessés de toutes les couches de la sociéSoyez-vaillantes-Femmes-de-France-!_article-default-mode-standard-normalté, dont près de mille religieuses qui avaient été chassées des milieux hospitaliers de France par les lois anticléricales de 1905, ce qui fit écrire à Emile Bergerat, dans le Figaro du 22 décembre 1915, à propos de ces femmes:

« Ce qu’il faudra conter aux enfants des écoles, c’est que la mobilisation de la quatrième armée s’est faite toute seule, sans appel de l’Etat, sans conscription ni prêche de croisade, par enrôlement libre et spontané, aux premiers cris des blessés et des mourants de la bataille initiale ».

Dès 1920, à l’initiative de Juliette Adam, écrivain et femme du monde, on décida l’érection d’un monument en hommage aux infirmières françaises et étrangères qui périrent pendant le conflit. C’est la ville de Reims qui fut choisie pour accueillir le monument inauguré le 11 novembre 1924.monument infirmières

Ce monument se trouve toujours sur la Place Aristide Briand à la croisée des boulevards Lundy et de la Paix, de l’Avenue Jean Jaurès et de la rue Cérès

« Sur terre et sur mer, elles ont partagé les dangers du soldat. Elles ont bravé dans les hôpitaux bombardés et torpillés, le feu de l’ennemi, la contagion, l’épuisement. En consolant la douleur, elles ont aidé à la victoire, Honneur à elles. Elles vivront à jamais dans le souvenir de leurs patries fières et reconnaissantes ».

979 infirmières périrent dont 434 de l’Empire britannique, 53 canadiennes, 35 d’Afrique du sud, 283 américaines, 211 françaises, 33 italiennes et 18 roumaines.

(Dans ces chiffres ne figurent pas, selon les dires d’Alain Toulza dans son livre: « la grande guerre des hommes de Dieu », les 378 religieuses hospitalières du « livre d’or du clergé et des congrégations religieuses » elles aussi mortes « pour la France ». Pourquoi? Mystère!). L’anticléricalisme déclaré de Madame Adam pourrait être une explication.

Cent ans ont passé, mais n’oublions pas ces femmes si peu différentes de nous, qui n’ont pas hésité à s’engager pour soulager la misère et si nous le pouvons, faisons une halte à Reims ville martyre s’il en fut.

Haddocka

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