Une exposition magnifique: « Elisabeth Louise Vigée Le Brun »

affiche-elvb_pageexpo1755-1842. Madame Vigée Le Brun aura vécu 87 ans, passés à peindre pratiquement toute sa vie.

C’est de son père, qu’elle aimait tant, qu’elle tint son talent. Faisons-la parler puisque nous avons la chance d’avoir ses souvenirs rédigés par elle-même:

« je vous parlerai de mes premières années, parce qu’elles ont été le présage de toute ma vie, puisque mon amour pour la peinture s’est manifesté dès mon enfance. On me mit au couvent à l’âge de six ans; j’y suis restée jusqu’à onze. Dans cet intervalle,  je crayonnais sans cesse et partout; mes cahiers d’écriture, et même ceux de mes camarades, étaient remplis à la marge de petites têtes de face, ou de profil; sur les murs du dortoir, je traçais avec du charbon des figures et des paysages; aussi j’étais souvent en pénitence.(…) Je me souviens qu’à l’âge de sept ou huit ans, je dessinai à la lampe un homme à barbe, que j’ai toujours gardé. Je le fis voir à mon père qui s’écria transporté de joie: « Tu seras peintre, mon enfant, ou jamais il n’en sera ».

Monsieur Vigée mourut alors qu’Elisabeth avait onze ans et ne vit donc pas l’évolution magnifique de sa fille, au prix de beaucoup de persévérance et de courage dans un environnement essentiellement masculin. On peut admirer dans l’exposition qui se tient actuellement au Grand Palais l’émouvant tableau qu’elle fit de la reine Marie-Antoinette et qui la rendit célèbreMarie antoinette par EVLB

Nous sommes en 1778, époque à laquelle le portrait français est recherché partout en Europe. Mme Vigée Le Brun va exceller dans ce genre, peignant non seulement en France mais en Italie, en Russie ou en Angleterre. Elle aura peint à peu près 600 tableaux durant sa vie. Cent soixante dix sont exposés au Grand Palais. Les femmes y sont à l’honneur! On est frappé de retrouver dans beaucoup de ses toiles les draperies rouges bordées d’or couvrant les épaules de ses modèles  ou bien  ces ravissants chapeaux ornés de plumes ou de fleurs qui confèrent aux têtes penchées de ces femmes  une douceur et une beauté exquises. Mais, là encore, donnons-lui la parole:

« Comme j’avais horreur du costume que les femmes portaient alors, je faisais tous mes efforts pour le rendre un peu plus pittoresque, et j’étais ravie, quand j’obtenais la confiance de mes modèles, de pouvoir les draper à ma fantaisie. On ne portait point encore de châle; mais je disposais de larges écharpes, légèrement entrelacées autour du corps et sur les bras, avec lesquelles je tachais d’imiter le beau style des draperies de Raphaël et du Dominiquin »princesse Estérhazy

Vous pourrez constater que certaines femmes ont un bras reposant sur un coussin ou ne regardent pas de face. C’est une marque de sa gentillesse pour des visages moins jolis que d’autres: « je tachais autant qu’il m’était possible de donner aux femmes que je peignais l’attitude et l’expression de leur physionomie; quand elles n’en avaient pas, on en voit, je les peignais rêveuses et nonchalamment appuyées ».

Tous les portraits que vous pourrez admirer durant cette exposition expriment la beauté, la douceur, et le bonheur, reflet de l’élégance de leur auteur. Nous ne saurions que trop vous recommander de ne pas la manquer!

Elizabeth Louise Vigée Le Brun

Grand-Palais, jusqu’au 11 Janvier 2016.

Sapajou

Publicités
Cet article a été publié dans A voir. Ajoutez ce permalien à vos favoris.