Beautés florentines au XVI ème siècle

C’est à une belle et passionnante découverte de l’histoire des Médicis à travers le portrait au XVI ème siècle que nous invite le Musée Jacquemart André en ce moment à Paris.

Couvrant la période allant de 1492 ( mort de Laurent le Mafnifique) à 1609 environ (  mort du Cardinal Ferdinand de Médicis qui maria sa nièce Marie  au roi de France Henri IV), cette exposition nous fait parcourir l’histoire de Florence à travers une série de portraits beaux et fort intéressants pour qui aime relier peinture, belles-lettres et musique.

medicis 2Le portrait étant à cette époque un moyen de se faire connaître, nous devons aux Médicis  qui eurent en commun la passion de l’art et du pouvoir , d’avoir fait travailler  de nombreux et grands artistes pour réaliser les leurs ainsi que ceux de leurs…belles dames!

Andrea del Sarto, Pontormo, Bronzino, Guirlandaio, Salviatti, pour n’en citer que quelques uns , vont ainsi réaliser ces superbes tableaux qui vont orner les quatre Palais florentins principaux: Riccardi, Pitti, le Palazzo Vecchio et les Offices.

Portraits de guerriers, de princes, de courtisans d’abord ,très austères car succédant de peu à Savonarole et à sa conception sévère du pouvoir. Mais très vite, la magnificence princière des Médicis éclate et l’on doit à tous ces peintres de nous la faire découvrir à travers un luxe de détails et un soin dans le rendu des matières exceptionnel.

L’éloge fait à la femme ne pourra que vous frapper durant votre visite, car les modèles féminins sont les favoris des peintres durant le cinquecento . Les riches étoffes, les bijoux, les diadèmes sont une démonstration de leur virtuosité. Que de perles dans les cheveux, aux oreilles, cousues sur les vêtements. Il faut savoir qu’à cette époque, les femmes portaient leur dot sur elles!

Le magnifique portrait d’Eleonore de Tolède de Bronzino en est un bel exemple.

Peinture et littérature, peinture et musique, vous disais-je plus haut.

En effet, ces arts font partie de la vie florentine, et donc apparaissent naturellement dans les représentations picturales.med3 Tel ce « portrait de la jeune femme au livre » d’Andrea del Sarto. Si les deux doigts de cette jeune femme pointent un passage d’une page de gauche qui est cachée, le spectateur cultivé de l’époque peut néanmoins le réciter à partir de la page de droite qui est bien lisible. De nos jours, qui reconnaîtra des vers galants du « Chansonnier » de Petrarque?!!

Pour aiguiser votre curiosité…ne manquez pas de vous arrêter devant « la dame au voile » de Guirlandaio. Pourquoi ces deux tableaux sont-ils jumelés : « la monaca » et  » le couvercle de la monaca »?

Une femme ne sortant pas dans la rue découverte au XVème et au XVIeme siècle, il fallait donc la cacher aux regards indiscrets des inconnus qui pouvaient la croiser dans son Palais. D’où l’usage de ces masques pour recouvrir son ou ses portraits le temps que durait cette visite!

Beaucoup d’autres belles découvertes vous attendent, comme ces portraits d’enfants très attendrissants que les peintres commencent à réaliser à partir de la seconde moitié du XVIè siècle.

med4L’entourage de jeux ou d’animaux de ces petits vous fera rêver, tel ce perroquet venu du Nouveau monde auquel la petite Emilia di Gaddi donne une grappe de raisin . Le peintre Santi di Tito a réalisé ce portrait après la mort de cette enfant, à la demande de sa mère , c’est très émouvant.

Donc , nous vous  recommandons vivement cette exposition! Et, au cas où vous ne le sauriez pas, il y a un restaurant très agréable à l’intérieur de ce musée, pour un déjeuner ou une tasse de thé….

« Florence: Portraits à la cour des Médicis. »

Musée Jacquemart André. Jusqu’au 25 Janvier 2016

Sapajou

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