La rue de l’Ange

rue de l'ange 2C’est une jeune femme syrienne réfugiée en France qui m’a proposé la lecture de ce livre pour tenter de comprendre l’âme de la Syrie et cette  coexistence de tant de siècles entre berceau de la chrétienté et Islam. Comprendre aussi ce mélange de sensualité et de mystique.
A travers Magdala, cette fille de plaisir qui renaît sans cesse, dans la rue Droite, la rue de l’Ange de Damas en plein quartier chrétien, Myriam Antaki nous fait revivre vingt siècles de cette ville qui vit la conversion de Saint Paul et la construction de la plus belle mosquée du monde, celle des Omeyades, avec ses jardins enchanteurs et ses roses, ses odeurs et ses parfums aux portes du désert.

Histoires de bruit et de fureur, de massacres, d’exactions. (C’est de Syrie que vient le mot « assassin », ces « haschichins » secte cruelle d’islamistes illuminés et drogués au haschich). Les Abassides, les croisés, Saladin, les mamelouks, la longue domination turque, Soliman le magnifique jusqu’au protectorat français, le nationalisme arabe, l’Indépendance en 1946 et les événements récents.
Mais aussi histoire de coexistence pacifique, d’entraide et d’amitié, de culture brillante grâce aux écoles de renom ouvertes par les religieux où se retrouvent chrétiens et musulmans.

Myriam Antaki écrit en français, un français très poétique mais très oriental à la fois pour nous faire connaitre et aimer ce pays à la fois si proche et si lointain. Si la Syrie est aujourd’hui à feu et à sang, elle veut nous dire qu’elle garde l’espoir de retrouver cette harmonie.

« Atloubou al mahaba », « je demande l’amour » voilà ce que demande la Sainte Vierge à cette jeune femme  quand l’icône de sa maison, en plein quartier chrétien, suinte de l’huile, preuve que Dieu n’abandonne pas ceux qui l’aiment.

En ce début d’année, tous nos voeux de paix pour la Syrie.

Haddocka

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