La mode retrouvée ; les robes-trésors de la comtesse Greffulhe

greffulheL’affiche de cette exposition qui représente la comtesse enfouie dans un superbe manteau du soir blanc qui ne laisse apparaître que ses yeux noirs et sa chevelure bouclée souligne le mystère de cette femme.

Nous sommes entrainés dans l’univers d’une femme très belle, au port de tête de reine qui inspira à Proust la duchesse de Guermantes, et à Gabriel Fauré sa Pavane.
Née en 1860 à Paris, Elisabeth de Riquet de Caraman-Chimay, cousine de Robert de Montesquiou était naturellement appelée à fréquenter ce milieu aristocratique parisien. Malgré ou peut-être à cause de son mariage malheureux avec le comte Henry Greffulhe qui la trompera très vite, elle se tournera vers les arts et la politique:  elle jouait du piano et de la guitare, peignait et fit plus tard la promotion des Ballets russes et de Wagner, prit le parti de Dreyfus et finança les travaux de Marie Curie. Une femme à l’écoute de son temps qui ne vit pas que pour le paraître.

Charles Fréderic Worth (1825-1895). Robe byzantine portée par la Comtesse Greffulhe pour le mariage de sa fille, 1904 - Taffetas lamé, soie et filé or, tulle de soie, application de paillettes. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.

Charles Fréderic Worth (1825-1895). Robe byzantine portée par la Comtesse Greffulhe pour le mariage de sa fille, 1904 – Taffetas lamé, soie et filé or, tulle de soie, application de paillettes. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.

Et pourtant … lors du mariage de sa fille unique, Elaine, elle éclipsera la mariée en apparaissant dans une sublime robe de Worth.

 Comme elle le disait un jour « Le monde est un spectacle. Nous sommes en représentation. …J’ai bien le droit si cela me chante de mettre le rêve avant le monde, à la place d’honneur.» Rien d’étonnant donc à la voir photographiée, peinte et même filmée parée d’une cape offerte par le tsar Nicolas II, ou d’une veste kimono, de robes de jour ou du soir de Lanvin, Fortuny. Le raffinement de cette femme apparait aussi dans le choix de ses éventails, souliers et chapeaux. Née à la fin du Second Empire, elle connut deux Républiques, deux guerres mondiales, la Belle Epoque, les Années folles qu’elle traversa ne faisant confiance qu’à elle-même, sachant mettre en valeur sa silhouette longiligne et son esprit au service des causes qui lui tenaient à cœur. Elle s’éteignit à 92ans.
Cette exposition est un régal pour les yeux, merveilleusement présentée comme toujours à Galliera.

Exposition ouverte jusqu’au 20 mars du mardi au dimanche d 10hà18h
01 56 52 86 00
Palais Galliera, 10 avenue Pierre Ier de Serbie 75116

Mille sabords

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