« Divorcée, remariée »

Béatrice Bourges bien connue pour ses prises de position courageuses face au démantèlement des lois sur la famille et à la débandade des politiques familiales désastreuses que nous connaissons, engage, dans son livre « Béatrice B, catholique, divorcée, remariée » aux éditions Artège un nouveau combat. Combat très personnel qu’elle nous livre avec une grande simplicité.

bourges« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Tout laissait présager ce tranquille déroulement mais tout a basculé alors que Béatrice Bourges avait à peine trente ans et deux jeunes enfants.
Même si elle ne savait pas très bien à quoi elle s’engageait, et son mari non plus apparemment, faute d’une bonne préparation aux exigences du mariage catholique, elle se révolte contre cette institution et la dureté de cœur de beaucoup.

« Je décidai de renoncer à aller à l’église et je me mis à laisser tout cela de côté »

Ayant rencontré « quelqu’un » à nouveau, elle contracte une union civile et devient, en employant le terme générique mais impropre « une divorcée remariée ».
Cependant Béatrice Bourges n’a jamais cessé de croire en Dieu. Elle nous conduit dans les méandres de sa réflexion et de son combat intérieur, acceptant de voir, petit à petit, l’Eglise, non plus par le petit bout de la lorgnette avec ses mesquineries et ses insuffisances mais comme la magnifique institution vieille de 2000 ans avec ses milliers de héros et hérauts de Dieu. Et à la suite d’une conversion qu’elle définit elle-même comme foudroyante, elle retrouve le chemin de l’Eglise.

« Me vint alors la certitude qu’une des pistes était l’approfondissement de ce qu’était la messe… »

et elle emploie la belle image du bois transversal de la croix qui appelle tous les hommes de bonne volonté et le bois vertical, sacrifice suprême. S’unir à ce sacrifice, c’est accepter nos propres croix et les offrir en union à cet unique sacrifice rédempteur.

C’est là qu’on peut penser que Béatrice Bourges n’a fait que la moitié du chemin. C’est Dieu qui sonde les reins et les cœurs et nous ne portons aucun jugement sur l’auteur, mais Béatrice Bourges semble se satisfaire d’une situation qui pourrait se résumer à : la Foi mais pas la Croix, la Foi mais sans la Grâce. Mais c’est justement par les sacrements  dont elle est privée que passe la grâce divine et c’est justement par les œuvres que nous nous conformons au Christ.
Certes ceux qui ont échoué dans leur mariage portent une lourde croix, mais il y a d’autres croix plus lourdes encore.

« Entre baptisés, le mariage conclu et consommé ne peut être dissout par aucune puissance humaine ni pour aucune cause, sauf par la mort ». (Catéchisme de l’Eglise catholique n°2382).

Le témoignage de Béatrice Bourges est intéressant à plus d’un titre et doit porter l’Eglise à réfléchir sur le sérieux de la préparation au mariage, sur la nécessité d’une explication plus approfondie des trésors de la messe mais en ces temps de relativisme où nous aimerions tant que Dieu s’abaisse à nos compromissions plutôt que l’inverse, le livre de Béatrice Bourges entretient la confusion.

Dans l’avion qui le ramenait du Mexique à Rome ce 19 février, le Saint-Père a indiqué  que l’exhortation apostolique post-synodale sur la famille sortira bientôt, « peut-être avant Pâques », il a fait part de son désir de voir « réintégrer dans la vie de l’Eglise, les familles  blessées et les divorcés-remariés » tout en précisant que « réintégration ne veut pas dire accès à la communion eucharistique ».

Moussaillon

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