Le Pavillon des Indes

Cette appellation sera-t-elle aussi enchanteresse pour vous que pour moi?

Imaginez-vous maharadjahs, tigres du Bengale, éléphants sur fond de soieries chatoyantes et colorées?

Ce n’est pas à ce genre de découverte que je vous convie. Et pourtant vous allez rêver.

En pleine agglomération de Courbevoie, dans la périphérie nord-ouest de Paris, je vous invite à aller découvrir l’un des derniers vestiges d’un pavillon construit pour l’exposition universelle de 1878.

Napoléon III étant  revenu très impressionné par celle de 1851 à Londres, ( la première), il désire que les suivantes organisées en France la surpassent en beauté et en taille. Celle de 1878 , comme toutes les autres, a lieu dans le Palais du champ de Mars  construit à cette intention. Cette immense construction métallique occupe pratiquement tout le champ de Mars. La Tour Eiffel n’existe pas encore et ce sont donc 420 000 m2 qui vont abriter les pavillons construits pour cette occasion et démolis ensuite pour être reconstruits ailleurs ou carrément détruits.

En 1878, l’Angleterre occupe une place prépondérante au sein de cette exposition. Le Prince de Galles, futur Édouard VII confie la réalisation du pavillon anglais à un architecte londonien qui choisit les Indes pour thème de sa construction qui doit abriter les collections d’armes, entre autres, de son royal commanditaire.

pavillon_indes« Le Pavillon des Indes » crée l’admiration générale. Subissant le même sort que les autres, il est démoli à la fin de l’exposition universelle mais racheté par un prince roumain , Georges Stirbey et son amie  Valérie Simonin. Tous deux le font reconstruire dans le Parc de Bécon qu’ils possèdent, pour y loger les deux filles nées du mariage malheureux de Valérie Simonin avec Gustave Fould .Il faut écouter la jeune conférencière actuelle vous raconter avec humour et gaité l’histoire rocambolesque de la dite Valérie , actrice parisienne à la vie sentimentale tumultueuse!  La narration pleine de pittoresque et d’entrain vaut le déplacement!

Ce pavillon n’est pas grand, mais ô combien joliment restauré ( en 2013) par la ville de Courbevoie qui l’avait acquis en 1951.

Du pont de Levallois, si vous traversez la Seine à cet endroit , vous apercevrez les bulbes dorés de ce Pavillon que Georges Stirbey en bon orthodoxe avait commandés  un peu plus grands qu’à l’origine. La façade en bois d’un rouge sombre jouxte ce qui était autrefois l’atelier de Georges Achille-Fould Stirbey, fille aînée de Valérie Simonin, atelier  reconverti aujourd’hui en résidence d’artiste selon un partenariat avec l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts.

A la fin de cette première visite qui comprend rez-de-chaussée et premier étage (amateurs de maisons en bois, se précipiter!), la conférencière vous conduira à cinq minutes de là, en traversant le Parc, au Pavillon Suède-Norvège qui fut l’atelier de Consuelo Fould (1862-1927), la seconde fille de notre comédienne Valérie Simonin.pavillon suède norvège

Consuelo y vécut avec son maître  et ami Ferdinand Roybet, surnommé  « le peintre des mousquetaires » car ce sujet l’inspira beaucoup.  Vous pourrez donc découvrir des toiles de Consuelo comme de Roybet. Ne soyez pas étonné du peu de toiles de Georges-Achille qui les aurait vendues presque toutes de son vivant.

Pour la fin, je vous réserve une autre belle surprise ! Vous découvrirez également une ravissante petite statue de Carpeaux: « L’amour blessé ».

Carpeaux à cet endroit? Et oui, à la fin de sa vie, malade et presque ruiné, ses amis…Valérie Simonin et  le Prince Stirbey lui offrent de venir  finir ses jours près d’eux. C’est donc à Courbevoie que Jean-Baptiste Carpeaux meurt  en Octobre 1875.

Contrairement aux Courbevoisiens, je ne qualifierai tout de même pas le Pavillon des Indes de  » Taj Mahal » français!

Mais vous passerez un excellent moment! Comptez 1h1/2 de visite à 2 heures.

réservation téléphonique obligatoire:  Tel: 01 71 05 77 92

Très bonne visite!

Sapajou

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