Hubert Robert, un visionnaire ( 1733-1808)

Accueilli par un très beau portait d’Hubert Robert peint par Louise Vigée Le Brun, le visiteur est émerveillé par les premières sanguines, esquisses, gravures de ce créateur inspiré. Dès 1759, à 26 ans,  il est admis à l’Académie de France à Rome. Connu comme peintre d’architecture, comme en témoignent les nombreux tableaux prêtés par les musées de nos provinces,  Hubert Robert  fait l’objet d’une superbe exposition au musée du Louvre.

Jeune homme lisant appuyé sur un chapiteau corinthien. vers 1762 musée des Beaux-arts de Quimper

Jeune homme lisant appuyé sur un chapiteau corinthien.
vers 1762 musée des Beaux-arts de Quimper

« Anticomaniaque », il imagine des caprices architecturaux, servis par des ruines grandioses ; cette « poétique des ruines »  au début romaines sur place puis romaines en France comme le superbe  Pont du Gard , puis peintes en Ile de France nous interrogent sur le temps qui passe.

Ces ruines sont toujours animées par une foule de petits personnages pittoresques,  comme une lingère gracieuse ou des bergers rieurs, toujours en mouvement,  qui mettent en valeur tout le savoir-faire du peintre : composition savante qui met en perspective des colonnades et des jeux d’eaux, admirables coloris d’une fraîcheur inouïe.

Admis à l’Académie royale de Paris en 1759 pour son Port de Ripetta (Rome), Hubert Robert va ressentir le besoin d’aller s’immerger dans la nature. Les ruines laissent place à une nature somptueuse,  grandiose : cascades vertigineuses, incendies violents qu’il imagine à Rome .L’homme est toujours présent mais infiniment petit.

Enfin le titre de l’exposition s’explique Hubert Robert, un visionnaire qui imagine dans un même tableau tous les monuments historiques de Paris. Quant à la vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines,  elle laisse sans voix.

Mais la découverte la plus émouvante fut, au contraire des peintures monumentales, les petits tableaux peints par Hubert Robert dans la prison de Sainte Pélagie où il resta plusieurs mois en 1793 : le ravitaillement des prisonniers, le corridor des prisonniers et le dessin de lui-même  dans sa cellule.  Quant aux deux assiettes qu’il a peintes, et signées au dos « peint en prison », de scènes pastorales,  prouve l’importance que ce peintre accordait au rêve, à l’imaginaire poétique, pour endurer toutes les épreuves auxquelles l’homme est confronté.

Musée du Louvre. Jusqu’à fin  mai. Fermé le mardi

Mille sabords

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