Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque)

ta 1C’est peu de dire que le livre de Thérèse Hargot, paru au début de cette année,décoiffe et appuie là où ça fait mal pour les post soixante-huitards qui continuent à défendre contre vents et marées un monde fait d’amour libre sans tabous ni interdits !

Sexologue et philosophe, cette belge trentenaire, déjà mère de 3 enfants, outre ses
consultations privées auprès d’adultes en difficultés psychiques, intervient depuis dix ans
auprès d’adolescents dans des établissements scolaires, notamment dans un grand lycée
parisien, sur l’éducation à la vie affective et sexuelle. C’est à partir de cette expérience et de
tous les témoignages reçus dans ce cadre, qu’elle dresse un constat sans appel .

Affranchie de la morale traditionnelle, la sexualité est désormais soumise à une autre
morale, celle de la jouissance proposée par la culture pornographique à laquelle les enfants
ont accès de plus en plus tôt par le biais d’Internet . Les jeunes générations sont saturées
d’information sexuelles, mécaniques et hygiénistes , ce qui provoque une dissociation de la
personne humaine dont il faut recoller les morceaux. Il est donc nécessaire de revenir aux
fondamentaux des questions existentielles sur la nature de la personne humaine, ce qui la
distingue des animaux et des objets, sur les liens entre le corps, le cœur, et l’esprit …autant
de sujets qui doivent être abordés très tôt avec les enfants. Les jeunes ont envie d’entendre
parler d’amour plutôt que d’être initiés à la pose d’un préservatif ! Thérèse Hargot dénonce
d’ailleurs la complicité de certains parents qui « sexualisent » leurs enfants très jeunes, faisant de leurs filles des petites lolitas ou en déposant sur le bureau de leur fils de quinze ans un préservatif sans autre explication et considérant ainsi avoir fait leur éducation sexuelle !!!
La quête existentielle a en fait été remplacée par un discours hygiéniste: Culture du
danger avec la peur des maladies sexuellement transmissibles et du sida en particulier et
bien-être menacé par l’arrivée d’un enfant non désiré . Là encore il s’agit de se poser les
bonnes questions et ne pas notamment considérer abstinence et fidélité comme des gros
mots, mais comme un moyen de reprendre conscience de son corps en l’inscrivant dans
une vision humaniste bien loin des clichés véhiculés par la pornographie ta2. D’ailleurs force est de constater qu’aujourd’hui les femmes sont en train de se libérer de la mentalité du « tout pilule » pour envisager d’autres manières de maîtriser leur fécondité, certainement plus naturelles, assurément moins techniciennes .

Homosexualité, avortement, stéréotypes de genre…excès du féminisme, autant de sujets abordés dans cet ouvrage et traités de manière toujours aussi factuelle à partir d’exemples et de témoignages ce qui en fait toute la force de conviction, toujours sans parti pris . Le tableau idyllique de la jouissance sans entraves, la liberté à tout prix, le bonheur hors mariage et hors maternité véhiculé depuis cinquante ans a du plomb dans l’aile !!!

Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque)
Thérèse Hargot
Editions Albin Michel
Bachi Bouzouk

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