Dans l’ombre de la lumière

« En ces mêmes années, j’avais une femme qui ne m’était pas unie par les liens du mariage mais que l’imprudence d’un vague désir m’avait fait trouver? Seule femme toutefois que je connusse je lui gardais la foi… »

saint augustinC’est cet aveu des « Confessions » de Saint Augustin qui est le point de départ du roman de Madame Claude Pujade Renaud.

Cette femme qui a partagé la vie d’Augustin pendant plus de quinze ans et lui a donné un fils, qu’est-elle devenue? L’Histoire ne connait même pas son nom mais l’auteur va l’appeler Elissa et imaginer la vie de cette femme .

Il ne s’agit pas là d’un traité de théologie mais d’un roman, roman d’amour et de fidélité.

Avec pour cadre ce début du V° siècle  qui voit la chute de Rome et à l’intérieur de l’Eglise une lutte acharnée contre toutes sortes d’hérésies. Après les siècles de persécution, l’Eglise doit définir avec plus de précision ses dogmes.

Quand Augustin va se libérer peu à peu de ses attaches charnelles pour se tourner vers Dieu et Sa Seule Grâce, Elissa va rester prisonnière de ses affections terrestres pour ne trouver au bout que le désespoir.

On espère toujours qu’ils vont se revoir, elle est manichéenne comme lui dans sa jeunesse, qu’elle va se convertir, il n’en sera rien, Elissa ne croisera plus l’évêque d’Hippone que de loin, le récit veut rester terre à terre mais rien n’empêche de penser à une autre fin.

N’empêche que ce livre est passionnant, truffé de détails sur cette Afrique du Nord chrétienne aux confins de l’Empire romain. Il y a la lumière, le bruit de la mer (nous sommes à Carthage), la beauté des fruits mûrs, les odeurs,  il y a les amis d’ Augustin et en particulier Alypius l’ami d’enfance, qui deviendra évêque comme lui, et il y a celle qui deviendra Sainte Monique, plutôt dépeinte ici comme une mère possessive décidant de tout pour son fils chéri, avec ses petits défauts et ses petites faiblesses même si sa grande piété et son absolue certitude que son fils deviendra chrétien ne sont pas remis en cause. Tout cela donne une épaisseur aux personnages que l’auréole retire quelque fois à ceux qui étaient pourtant de chair et de sang comme nous et nous prouve qu’on ne nait pas saint mais qu’on le devient.

Personnellement ce livre m’a donné envie cprde me replonger séance tenante dans les « Confessions ». Y a-t-il plus bel hommage?

Haddocka

 

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