Alerte: l’école ne remplit plus son rôle: en comprendre les raisons pour l’avenir de nos enfants.

En cette veille de rentrée scolaire, et alors que certaines d’entre vous sont  encore un peu libres pour lire avant la tornade des préparatifs et inscriptions en tout genre, je voudrais recommander à celles qui vont confier leurs enfants à l’éducation nationale ( ou aux grands-mères soucieuses de leurs petits-enfants) la lecture d’une analyse extrêmement claire et intelligente de la situation actuelle de l’enseignement scolaire en France.

Qui de vous n’a pas prononcé ou entendu  ces réflexions navrées et navrantes à propos de l’école française actuelle:  » c’est effrayant, le niveau baisse d’année en année » ou bien  » l’orthographe n’est plus enseignée, il y a de moins en moins de dictées » ou bien  » la chronologie en histoire est supprimée , c’est tout juste si mon fils sait que Jeanne d’Arc a précédé  Louis-Philippe! »  » supprimer le Latin, mais pourquoi? » …. Je pourrais citer de nombreux autres exemples de  cet effondrement des connaissances qui vous alarme à juste  titre.

François-Xavier-Bellamy2Ce constat si dramatique vient de trouver son analyste en la personne d’un normalien et agrégé de philosophie  » François -Xavier Bellamy ». Lui-même enseignant, il s’est penché sur les raisons de cet état de fait dont les premières victimes sont nos enfants devenus les grands  » déshérités  » de la postmodernité, entendez l’après Mai 68.

Si beaucoup peuvent faire ce constat, peu en connaissent les véritables causes philosophiques ou intellectuelles , indispensables à la compréhension de l’ampleur des dégâts causés, volontairement qui plus est. Or pour soigner, il est indispensable de connaître la maladie. L’analyse de FX Bellamy prend donc l’aspect d’un diagnostic avant la thérapie.

Pour donner du poids à sa démarche, notre auteur commence son livre par rappeler cet événement survenu à l’opéra de Rome, en 2011: Ricardo Muti dirige Nabucco. Le célèbre chœur des Hébreux s’achève sous un tonnerre d’applaudissements, au milieu duquel un   » bis » est réclamé. Sauf en 1986, jamais ce chef d’orchestre n’a consenti à interrompre un opéra pour un bis : un Opéra est un tout, point!

Mais ce soir-là , c’est différent. Ricardo Muti se sent vieillir et voit l’art dans son pays livré aux détracteurs de la culture. Il se tourne vers le public pour lui dire :

 » Le 9 Mars 1842, la première de Nabucco a incité les Italiens à lutter pour leur pays. Je ne voudrais pas que le 12 Mars 2011, le Nabucco de cette soirée fût le chant funèbre de la culture »…

Or, ce même 12 Mars 2011, un adolescent est tué d’un coup de couteau à la sortie d’un lycée en banlieue parisienne tout simplement parce qu’il avait franchi la ligne de démarcation entre deux zones que se disputaient des bandes rivales.

La concomitance de ces deux événements est le détonateur qui fait écrire à FX Bellamy:

« La mort de ce lycéen n’est que l’un des effets de l’effondrement de la culture dont s’inquiète le vieux chef Italien et qui frappe la France de plein fouet ». La destruction de la culture entraîne la barbarie.

Cette constatation faite, comment en sommes-nous arrivés là?

Notre auteur en rend responsable les tenants de ce postulat de départ qui président ,de nos jours , à toutes les grandes décisions d’ordre scolaire: il est interdit de transmettre…pourquoi?  » parce que la transmission est une aliénation; elle ôte à l’enfant la possibilité de construire tout seul ses propres références, de faire ses choix, d’adopter individuellement ses valeurs ».

Le jeune enseignant que fut notre auteur eut à subir plusieurs fois ce diktat d’un inspecteur général : « Vous n’avez rien à transmettre »… La déduction s’impose: l’enseignant devient inutile, tout juste bon à orienter l’élève vers des pistes de réflexion…Plus grave encore:  » la mission de l’école n’est plus de transmettre un patrimoine culturel, mais au contraire, dès le plus jeune âge , d’entraîner l’élève à le déconstruire en lui inculquant le réflexe du soupçon  » .

Ce qui fait tout l’intérêt du livre de FX Bellamy, c’est l’analyse qu’il donne des causes de cette doctrine ahurissante au nom de laquelle toute une génération d’écoliers à été sacrifiée. Désastre qui ne peut que se prolonger si on ne la remplace pas de façon urgente par une transmission de notre héritage culturel.

Les responsables idéologiques? Voltaire, Rousseau et Bourdieu plus récemment.

Chaque chapitre concernant ces philosophes est lumineux pour comprendre l’idéologie actuelle qui sévit dans l’éducation dite nationale , qui , en fait mériterait plus le nom de « dé-séducation nationale » si le terme existait!

Que ce soit pour l’apprentissage de la lecture ( la fameuse méthode globale), l’apprentissage des langues ( les langues anciennes sont rayées au profit de langues vivantes au détriment même de la langue maternelle), celui de l’histoire ou de la poésie ( apprendre par cœur est une violence faite à l’élève), toutes ces réformes trouvent leur source chez les trois philosophes précités.

Nos enfants sont ainsi les victimes de cette idéologie qui , sous le prétexte de faire disparaître les inégalités sociales, en ont fait des illettrés . La majorité est dépossédée d’un savoir qui fait la richesse de chacun. L’ennui à l’école fait se tourner bon nombre d’entre eux vers la violence, sous toutes ses formes. Quant à ceux nés dans des milieux cultivés, ils ont souvent la chance d’avoir des parents qui refont la classe le soir , car il leur paraît absurde de ne pas transmettre justement ce qu’ils ont reçu.

L’urgence absolue aujourd’hui est de redonner à nos enfants cet enseignement littéraire, logique, poétique à travers lequel ils peuvent construire leur personnalité .

 » Laissez une paroisse vingt ans sans prêtres, ils adoreront les bêtes  » prophétisait notre Saint Curé d’Ars.

De moins en moins de prêtres, des professeurs que l’on prive d’enseigner , dans quel monde vont vivre nos enfants?

Lisez et faites lire ce livre autour de vous. Il est encore temps de réagir!

les déshérités

 » Les déshérités  ou l’urgence de transmettre « 

de François-Xavier Bellamy . Éd. J’ai lu, 6€

Sapajou.

 

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