Victoria Dubourg

dubourg2En fait Victoria Dubourg, née à Paris le 1er décembre 1840, et morte à Buré dans l’Orne le 30 Septembre 1926,  (il y a donc exactement 90 ans aujourd’hui où j’écris ces quelques lignes … je vous avouerai que la coïncidence m’émeut ), s’appelle Victoria Fantin-Latour.

 Vue cette coïncidence, il me paraît encore plus justifié de mettre la présentation de l’exposition que je vais vous inciter à voir sous le patronage de cette femme qui a beaucoup inspiré, soutenu, encouragé, puis fait connaître son mari. Ce n’est pas elle qui est à l’honneur au Musée mais ….femmes ad hoc oblige !

Nous allons donc évoquer  Henri Fantin-Latour ( 1836-1904) auquel le Musée du Luxembourg à Paris consacre une magnifique exposition depuis le 14 Septembre.

   fantin-788x267 Alors qu’il a 19 ans, Fantin-Latour écrit : » La peinture est mon seul plaisir, mon seul but ».

De cette période jusqu’à ses fiançailles, nous pouvons admirer de très beaux auto-portraits, des portraits ( de ses sœurs entre autres) et, originalité pour l’époque, des portraits de groupe qui lui assurent très vite une réputation de portraitiste brillant et peu conventionnel. Ainsi serez-vous certainement intéressées de détailler  » un atelier aux Batignolles » de 1870, représentant Manet, Renoir, Zola, Monet entre autres personnages dont nous n’avons pas forcément le visage en mémoire! Ou encore  » Un coin de table » de 1872 mettant en scène Rimbaud, Verlaine, Pelletan, etc..fantin2

C’est en 1866, alors qu’il est au Louvre, qu’il fait la connaissance de Victoria Dubourg, elle-même peintre et qui s’exerçait à la copie de certains tableaux. Huit ans de fiançailles aboutissent à leur mariage. Autre beau portrait de groupe, austère mais très intéressant :  » la famille Dubourg ».

A l’opposé de ces peintures souvent très sombres, des bouquets de fleurs à profusion d’une élégance et d’une gaité assez frappantes! Imaginez-vous, 800 tableaux de fleurs peints entre 1864 et 1896? L’exposition en présente de très beaux, ainsi  » La table garnie  » ou  » nature morte à l’aubépine et bol japonais ». ( très belles cartes vendues à fantin-3la sortie!). Vous pourrez admirer une collection de roses merveilleuse.

Victoria Dubourg était non seulement peintre mais pianiste. Est-ce elle qui a suscité chez son mari cet enthousiasme pour la correspondance qu’il voyait entre la musique et la peinture ? De cette passion sont  nées des œuvres inspirées par de grands compositeurs romantiques de son temps tels Wagner, Schumann, Brahms et Berlioz. Un séjour à Bayreuth révèle à Fantin-Latour la part que peut tenir la féerie dans l’art. Cela saute aux yeux dans  » le prélude à Lohengrin ».

Pour celles qui voudraient approfondir cette correspondance entre musique et peinture dans l’œuvre de Fantin-Latour, je signale des maintenant la conférence à l’Institut Hongrois le jeudi 2 Février 2017 à 18h30 s’intitulant:

« Fantin-Latour et la musique « 

Bien que je l’ai peu appréciée moi-même, je ne peux finir cet article sans évoquer la salle du musée consacrée à la collection de photographies de notre peintre. Il s’agit essentiellement de nus. Il paraît que les modèles à l’époque étaient rares et coûtaient très cher, raison pour laquelle les photos les remplaçaient. Si l’on est avec de jeunes enfants, on peut facilement éviter cette salle qui est un peu en retrait. Ces photos étonnent.

Un commentaire de Claudel après avoir vu ces œuvres m’incite à me taire après vous avoir vivement encouragé à vous rendre à cette exposition:

« Les portraits de Fantin-Latour ne se décrivent pas . Il faut les voir! ».

Très bonne visite !

Musée du Luxembourg. 14septembre-12 février 2017. Fantin-Latour  » à fleur de peau »

Sapajou.

Publicités
Cet article a été publié dans A voir. Ajoutez ce permalien à vos favoris.