» Entrez dans la danse, voyez comme ils dansent « ….

« Ils », ce sont les seize danseurs choisis dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris par Benjamin Millepied à son arrivée à la tête de cette institution pour la création de son premier ballet: « Clear, loud, bright, forward « .

Deux cinéastes , Thierry Demaizière et Alban Teurlai,  ont eu la merveilleuse idée de filmer  tout le travail précédant la présentation au public.

benjamin_millepied_2015Ce documentaire est d’autant plus intéressant que nous savons aujourd’hui qu’il est à l’origine de la démission de Benjamin Millepied de la tête du ballet de l’Opéra de Paris où il sera resté à peine deux ans.

Et l’on comprend pourquoi , malheureusement.

Des son arrivée à la tête du  » paquebot » comme le surnomme le directeur de l’opéra de Paris Stéphane Lissner pour en évoquer les pesanteurs, Benjamin Millepied se lance dans son rajeunissement: inadmissible ces élèves traités avec une sévérité et une dureté que leur talent ne mérite pas, inacceptable qu’ils tremblent devant leurs professeurs ( « pensez que vous dansez par plaisir, la danse est plaisir »), inconcevable qu’ils dansent dans des studios dont le vieux parquet ne peut que provoquer des blessures à la réception des sauts, intolérable qu’il n’y ait pas un médecin  sur place pour soigner les lésions qui peuvent être catastrophiques si elles sont négligées ( les élèves ont peur d’en parler!). Bref on est dans une  » usine à ballets », stop dit Benjamin Millepied.

Pendant deux heures, nous sommes emmenés dans le sillage tourbillonnant de Benjamin Millepied qui va de l’atelier des costumières à la fosse d’orchestre, des  différents studios de danse où il fait travailler les danseurs avec une énergie et une joie extraordinaires, au  secrétariat tenu par une jeune femme charmante et rigolote, des interrogations hilarantes d’un accessoiriste qui cale devant la confection de petits bancs en bois archi-simples à réaliser aux affres des menaces de grèves.

opera-2Tout ceci, bien sûr, sur fond de travail à la barre ou en salle. Dommage que l’on ne voit pas plus les jambes et les pieds des danseurs, bien que leurs bras ou ports de tête soient splendides.

On comprend aisément que le souffle réformateur de Benjamin Millepied n’allant pas par quelques entrechats pour dire sa façon de …danser ait déplu.

On passe un très beau moment!

 »  Relève, histoire d’une création », film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, avec Benjamin Millepied

Sapajou

 

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