Albert Besnard, peintre Belle époque de la femme.

Comment le premier peintre, honoré de funérailles nationales en 1934, a t-il pu tomberbesnard dans l’oubli ? De renommée internationale, il connut tous les honneurs de la III° République.

Le Petit Palais dont le hall d’entrée est décoré de toiles marouflées au plafond peintes par Albert Besnard lui rend hommage avec une magnifique exposition et il faut s’y précipiter.

Né de parents artistes, il intègre en 1866, à 17ans, l’Ecole des Beaux- Arts de Paris où règne la grande tradition académique ce qui lui permettra de remporter le grand prix de Rome en 1874 où il rencontrera sa future femme, un sculpteur qui l’entrainera à Londres quelques années.

De retour à Paris, il ne veut faire partie d’aucun mouvement, il rêve de réaliser de grands décors dont la III° République est friande pour ses nombreux édifices publics. Albert Besnard s’imposera pour la décoration des salles de mariage de mairies parisiennes, pour l’Ecole de Pharmacie de Paris, la Sorbonne etc…Besnard laisse éclater son imagination débordante, la richesse de ses couleurs pour exalter le mariage, l’abondance encourage le travail. Décors somptueux exaltant les valeurs de la République d’alors: patrie,  famille,  progrès, travail…

resized_20161011_215246A côté de ces commandes d’Etat, plusieurs propriétaires privés lui demanderont de décorer leurs intérieurs et de faire leur portrait (La princesse Mathilde, madame Roger Jourdain, Boni de Castellane dans son palais Rose). Georges Rodenbach écrit : « Il a inventé des désaccords de ton qui sont à la peinture ce que des dissonances de Wagner sont à la musique. »

Ce touche à tout de génie se révèle aussi un portraitiste intime, attentif à la psychologie de ses modèles, à la mise en scène qui mettra en valeur sa palette de coloris ; ces modèles seront souvent ses amis, personnages influents dans le domaine de la presse et des arts. En 1887 il est  fait Chevalier de la Légion d’Honneur, devient directeur de la Villa Médicis à Rome (1913-1921), directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (1822-1832), élu à l’Académie Française en 1926, fait rarissime pour un peintre. Son épée sera réalisée par Antoine Bourdelle.resized_20161011_215655

La femme, c’est là le thème de prédilection d’Albert Besnard : la femme allégorique, symbolique et mythique, la femme lumineuse, la femme ténébreuse. Il les a peintes grandeur nature en robe du soir, en buste coiffées d’un chapeau de paille. Elles sont brunes, rousses, voluptueuses, jeunes et moins jeunes mais surtout peintes avec gourmandise. la Dormeuse au bord de l’eau, femme à l’Opéra.

Eaux-fortes, pastels comme l’éclipse, femme mystérieuse étonnamment moderne, la baigneuse ou le silence.

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Cette exposition est un festival de couleurs, un hymne à la joie de vivre et surtout un hymne à la femme !

A partir du 25 octobre 2016 et jusqu’au 15 janvier 2017

Au Petit Palais

Mille sabords

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