Deux superbes expositions qui se complètent à merveille à voir au Petit Palais à Paris

 

 Le Baroque des Lumières (jusqu’au16 Juillet. Fermé lundi, nocturne jusqu’à 21h le vendredi)

L’une propose de découvrir des chefs-d’ œuvres d’ églises parisiennes au XVIII° siècle. Première originalité de cette exposition : la scénographie recrée une église avec autel et chapelles latérales qui permet d’avoir sous les yeux des toiles de grandes dimensions (en général situées dans les églises à une dizaine de mètres de hauteur et parfois dans des endroits peu éclairés )  pour admirer la composition des tableaux et la fraicheur des coloris somptueux .

Seconde originalité : faire prendre conscience au visiteur de l’évolution de cette peinture religieuse au cours du siècle. Au début les sujets, tirés du Nouveau Testament, sont peints dans des coloris clairs. La Contre-Réforme veut émouvoir en plaçant Marie au coeur du tableau, entourée d’une foule de personnages et d’angelots (auxquels il ne manque que la parole !!) ou des saints très connus comme Saint Pierre, Saint Paul…A la fin du siècle les tableaux s’assombrissent, des personnages de l’Ancien testament apparaissent dans des architectures  à l’antique. Admirer le superbe Christ en Croix de David (1782). Sans oublier la sublime musique de Rameau et le Benedic anima mea de François Giroust, auteur de la musique du sacre de Louis XVI qui donne à cette visite encore plus de spiritualité .

De Watteau à David ; l’art du XVIII° siècle dans la collection Horvitz (jusqu’au 9 juillet 2017)

La seconde exposition présente  l’art du XVIII° siècle dans  la collection Horvitz : dessins, aquarelle, gouache, sanguines, tableaux de chasses de Desportes, portraits de Nicolas de Largillière, tableaux de Fragonard, Bouchardon, Watteau, sculptures de Pajou…C’est un vaste panorama de 200 pièces que nous offre cette collection. L’autre intérêt de cette seconde exposition  consiste à retrouver par exemple Jean Jouvenet dont nous venions d’admirer le Magnificat peint en 1716  pour la voûte de la chapelle royale à Versailles peindre la Pentecôte pour le même lieu vers 1708 : mêmes sublimes coloris, même foule de personnages et même mouvement d’extase de la Vierge .

Plus loin nous découvrons  Jean-François de Troy qui nous avait touchés avec un tableau représentant Vincent de Paul prêchant peindre dans un tout autre registre et avec une tout autre palette une scène de genre vers 1742. François Lemoine ou Le Moyne (1688-1737) qui avait peint  de façon assez classique  un Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert en 1726 pour l’église saint Eustache peint ici  10 ans plus tard un miracle du Christ la guérison de l’aveugle né, superbe esquisse à l’huile, très baroque dans sa facture. Enfin le dessin à la plume de David montrant la douleur d’Andromaque  est à comparer avec le Christ en Croix peint la même année.

Un conseil : Pour profiter au mieux de cette belle après-midi riche en émotions, je vous suggère de vous reposer entre ces 2 expositions à la cafeteria  sise dans ce délicieux  jardin du Petit Palais après-midi .  Bonne visite !

Mille sabords

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