Les gardiennes

Quand tous les hommes valides ont été mobilisés en 1914, les femmes les ont courageusement remplacés.

C’est ainsi à la ferme du Paridier, chez Hortense Sandrail (Nathalie Bayle), quelque part dans la campagne française. Son gendre et ses deux fils sont à la guerre. Seule avec sa fille (Laura Smet) et son frère âgé, elle ne peut pas tout faire, alors pour la moisson d’abord, elle engage Francine (Iris Bry), une orpheline qui va donner toute satisfaction.

Ces trois femmes vont donc être les gardiennes du domaine. Elles vont non seulement le garder mais le faire fructifier puisqu’elles vont acquérir une des premières moissonneuses et même plus tard, un tracteur.

Mais il n’y a pas que la conservation des biens matériels. Et là nos trois héroïnes vont être bien décevantes.

Hortense qu’on croyait bonne et droite va devenir bien injuste et méchante, reniant sa promesse de garder Francine après la guerre.

Solange n’hésitera pas à « se donner du plaisir » alors que son mari est prisonnier.

Et Francine, merveilleuse de fraîcheur et de candeur laissera sa vertu au fond de la forêt.

Mais il n’y a pas que ça.

Quand Georges revient en permission il semble « sortir du bureau » alors que tous les témoignages s’accordent à dire que les soldats étaient de véritables zombies tant il leur était difficile d’oublier les horreurs qu’ils avaient vues et de renouer avec le monde de « l’arrière ».

Et pour finir il y a les américains qui ne semblent avoir débarqué que pour s’amuser à compter fleurette aux petites françaises et goûter les spécialités locales.

Le film est sauvé néanmoins par deux femmes:

Caroline Champetier, directeur de la photographie qui nous donne des images splendides. Les paysages si reposants à quelques centaines de kilomètres du carnage, les scènes de la vie paysanne qui sont de véritables tableaux et les gros plans sur les visages qui en disent plus long que les mots chez ces « taiseux ».

Iris Bry, dont c’est le premier rôle, étonnante de présence et de naturel qui crève l’écran et qui est la véritable vedette de ce film.

De belles choses sur le plan formel mais grosse déception quand même. Après des « hommes et des dieux » on espérait mieux de Xavier Beauvois.

Haddocka

 

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