« La prisonnière de Malte »

C’est un pavé! Mais une fois que vous aurez commencé à lire ces 987 pages, vous ne pourrez plus vous arrêter! Évidemment, il faut aimer les romans historiques car c’est de cela qu’il s’agit:

Le cadre: Malte, cette petite île en Méditerranée où je vous recommandais d’aller récemment (cf article du 5 Octobre 2017). La date: 1552, en pleine époque de corsaires, quand les Turcs défient les Chevaliers de l’Ordre de Malte sur la mer du milieu. Tandis que Nico et Maria, frère et sœur chrétiens d’une dizaine d’années partent, pour jouer, à la recherche d’un trésor sur leur île, Nico glisse d’une falaise et se fait enlever par des pirates musulmans qui vont le vendre comme esclave à Alger. Les larmes de Maria ne réussissent pas à convaincre  les Chevaliers de l’Ordre de poursuivre les ravisseurs. Maria ne rêve que de délivrer son frère chéri. Débute alors toute une série d’aventures palpitantes aux rebondissements multiples qui nous conduisent des ruelles étroites de La Valette aux bouges d’Alger, des cales sombres et putrides des galères aux somptueux palais de Soliman le Magnifique. Les destins de Maria et de Nico se sépareront pour de longues années. Ils seront tous les deux en butte à l’adversité, à la méchanceté, à la cruauté même. Une très belle figure éclaire ce roman, Christian de Vries, fils d’un comte français qui destine son fils à  être chevalier de l’Ordre de Malte. Mais Christian veut être médecin depuis qu’il est enfant. En cachette, mais soutenu par sa mère, il s’exerce à soigner. Quand, un jour, tout bascule…

Ce roman, palpitant, se termine par le siège de Malte (1565).  Nos héros ont donc respectivement 20 et 23 ans. Que d’aventures pendant ces treize années! Avec le suspense haletant de savoir si Maria retrouvera Nico? et si oui, se reconnaitront-ils? Comme pour tout bon roman, une très belle histoire d’amour embellit ces pages qui se lisent avec le plaisir supplémentaire de savoir que leur auteur, David Ball, s’est efforcé de respecter l’Histoire. Laissons-lui la parole dans la postface:

« Si la prisonnière de Malte » est une œuvre de fiction, j’ai essayé de rester aussi fidèle que possible à l’histoire et aux cultures qui y sont évoquées que me le permettaient mes recherches et mes observations personnelles (…) J’ai consulté un grand nombre d’ouvrages sur la vie de l’époque, l’un des récits les plus captivants sur les événements de l’été 1565 restant « The Great Siege », écrit par le regretté Ernle Bradford. Je me suis donc particulièrement appuyé sur celui-ci « .

Si vous aimez les romans historiques, celui-ci ne vous décevra pas! Avec la remarque que découvrir l’histoire du siège de Malte, de l’affrontement entre chrétiens et musulmans,  peut nous ramener à l’actualité d’aujourd’hui et nous faire réfléchir…

« La Prisonnière de Malte » de David Ball.

Presses de la Cité, 2006

Sapajou

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