L’insulte

 film Libanais de Ziad Doueiri

Voilà un film intéressant à plus d’un titre !

Le réalisateur aborde un sujet récurent au Moyen Orient, celui des blessures non cicatrisées que « le » politique tente d’ignorer pour construire la paix.

Tout commence par une insulte. Un chef de chantier palestinien, Yasser, traite de « sale con » (à juste titre, il faut bien le dire) un habitant du quartier où il dirige des travaux, un nommé Toni Libanais chrétien. Ce dernier exige des excuses que Yasser refuse de faire et lorsque Toni lui lance « Sharon aurait dû exterminer tous les Palestiniens », Yasser répond en lui cassant la figure et trois côtes.

L’affaire dégénère, s’ensuit un procès qui au fur et à mesure devient une affaire d’État, met le feu aux poudres entre chrétiens et Palestiniens et permet au réalisateur d’aborder tous les sujets.

Allez voir ce film-procès qui essaie de nous faire comprendre bien des aspects explosifs de la situation politique au Moyen Orient. Ce qui est très intéressant dans ce film, c’est le rôle des femmes. Les quatre femmes impliquées dans cette affaire -« d’ego » masculin au départ- imperceptiblement, au fil des jours et du procès, révèlent à Toni et Yasser leur monde intérieur meurtri, que la psychologie masculine est vite tentée de vouloir ignorer. En marge du procès, la relation des deux hommes évolue et change mais tout en restant profondément dans une logique masculine. Les épouses de Toni et Yasser sont très justes, la juge aussi. Quant à l’avocate de Yasser, elle va elle aussi, donner un surcroît d’humanité à son propre père, excellent lui aussi, qui se trouve être l’avocat de la partie adverse, Toni .

Nous avons là un bel exemple du rôle des femmes dans la société, tant dans le domaine privé que politique. Elles sont ici mises à l’honneur. Une fois n’est pas coutume . Elles sont bien « ces sentinelles de l’invisible »comme le disait Saint Jean Paul II. Et je veux aussi, à ce propos, nommer deux autre femmes qui n’apparaissent pas dans le générique: la mère du réalisateur, avocate, qui l’a beaucoup conseillé et la coréalisatrice Joëlle Touma .

Léon Tolstoi a raison quand il écrit : « Femmes, c’est vous qui tenez dans vos mains le salut du monde »

Analphabète

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