Viens, sois ma lumière: les écrits intimes de « la sainte de Calcutta »

Qui ne connaît  Mère Teresa de Calcutta et ses religieuses au sari blanc bordé de bleu ?

Peu de fondateurs de congrégation religieuse auront eu une telle notoriété de leur vivant. Elle a été invitée dans toutes les instances internationales et a reçu le prix Nobel de la Paix. Elle a été en quelque sorte une star médiatique malgré elle. Alors est-il encore nécessaire de parler de cette « icône de la compassion » envers les plus pauvres des pauvres?

Ce livre « Viens, sois MA LUMIERE  » nous montre combien la célébrité est superficielle et trompeuse et qu’il est nécessaire d’aller à la source de toute chose. Même dix ans après la publication de cette correspondance de Mère Teresa, chez Lethielleux, mais disponible maintenant en poche, il n’est pas trop tard pour se plonger dans ce livre.

Au cours de cette correspondance, très bien commentée par un Missionnaire de la Charité, nous apprenons combien elle a été fille de l’Église, se soumettant toujours aux ordres de ses pères spirituels et de l’Évêque du lieu, malgré les demandes pressantes du Christ qu’elle a reçues à plusieurs reprises. Une grande sagesse donc domine son désir de répondre à « l’appel dans l’appel » de Jésus qu’elle reçoit au cours d’un voyage à Darjeeling pour faire une retraite. C’est le 10 septembre 1946 qu’elle vit une rencontre mystique avec le Christ dont elle ne parlera pas pendant longtemps, au cours de laquelle Jésus lui demande « d’apaiser Sa soif des âmes, en Le servant dans les plus pauvres des pauvres ».

Cet appel, elle n’aura de cesse d’y répondre avec empressement car elle a fait un vœu secret, en avril 1942, avec la permission de son confesseur: « j’ai fait le vœu à Dieu-sous peine de péché mortel-de LUI donner tout ce qu’IL pourrait me demander , de ne rien LUI refuser ». Elle écrit plus tard à son Évêque qui veut voir si son appel est de Dieu et tarde à lui répondre: « J’essaie d’être fidèle à ce vœu et c’est pour cette raison que je veux agir sans délai. C’est à vous de m’empêcher et quand vous dites non je suis certaine que mon vœu est respecté ».

On voit que c’est une femme très concrète et pragmatique qui veut à la demande du Christ fonder un monastère dans le monde, la contemplation dans les trous obscurs les plus pauvres. Jésus insiste auprès de Sa « toute petite »:

« … Donne-Moi des âmes…Comme cela fait mal -si seulement tu savais- de voir ces pauvres enfants souillés de péché…Si seulement tu savais combien de petits tombent chaque jour dans le péché…Pour Mes très pauvres il n’y a pas une seule religieuse. Ce sont eux que Je désire -eux- que J’aime. -Refuseras-tu? »

Cette question pénétrante de Jésus exerçait une influence particulièrement irrésistible sur son cœur car elle faisait écho au vœu secret prononcé quatre ans plus tôt.

Dès que Mère Teresa aura eu l’accord de la supérieure de la congrégation à laquelle elle appartenait, celui de son Évêque et celui de Rome, pour enfin fonder ce que Jésus lui demande, après une vie d’union intime avec Jésus, elle va connaître « la nuit obscure de la naissance », la déréliction de la croix, avec Jésus qui dit « j’ai soif ».

Elle souffrira jusqu’à sa mort de cette absence de Dieu, déchirée entre le sentiment d’avoir perdu Dieu et le besoin insatiable de L’atteindre, un véritable martyr du désir qu’elle transformera en bénédiction en offrant sa souffrance pour les pauvres qu’elle servait.

Vous l’aurez compris, la lecture de ce livre invite le lecteur à une véritable retraite spirituelle personnelle, à l’école de cette humble religieuse dont l’offrande totale a été source de nombreuses fondations, véritables monastères au cœur de la misère morale et matérielle, œuvre de Jésus seul à travers sa servante, « sa petite épouse ».

Bonne lecture de retraite de carême.

Analphabète

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