La Foi à l’épreuve du mal

A propos du film « Les innocentes » sorti en février et dont la presse et nous-même avons beaucoup parlé en termes élogieux, il me semble intéressant, non pas d’écrire un nouvel article sur le film, mais de s’attarder un tout petit peu plus particulièrement sur la Foi de la Mère supérieure, admirablement jouée par Agata Kulesza
.
Les-Innocentes suite
Nous découvrons au fil de l’histoire, une femme de poigne, courageuse, forte, à la foi chevillée au corps et qui a un sens très élevé du sacrifice.
Que veut cette Mère supérieure dans la tourmente que vivent « ses filles »?  Les sauver du chaos, sauver l’ordre, sauver « l’ Ordre » en sauvant leur honneur .
A cette seule fin, après les avoir baptisés, elle va confier plusieurs bébés, nés de ces viols odieux, au  » Christ crucifié », en les déposant, dans un acte de foi héroïque, un acte d’abandon total à la Providence, au pied d’une croix perdue à l’orée d’une forêt figée dans le froid glacial de cet hiver polonais de l’année 1945.
Mais cet acte, elle le fait en cachette et lorsqu’une des religieuses, mère de la petite Elena, découvre cet abandon de son bébé, elle se suicide .
La communauté apprend la vérité : les nouveaux nés ne sont pas confiés à des familles d’accueil comme le leur avait laissé croire la Mère supérieure qui avoue avec ces mots « je me suis perdue pour vous sauver »
Et voilà où le film s’arrête dans le chemin intérieur de l’âme de cette religieuse.
On la revoit alitée souffrant de la syphilis contractée quand elle a été violée elle aussi. Une vieille religieuse vient la voir et elle lui tourne le dos.
Alors…  tant de Foi, tant de sacrifice, d’abandon pour rester « perdue » ?
La Foi catholique nous parle sans cesse de la Miséricorde infinie de Dieu qui s’est révélé à nous comme un Père qui pardonne à l’infini;  Où est l’acte d’humilité de cette Mère supérieure qui doit montrer l’exemple « pitié mon Dieu, j’ai péché, pardonnez- moi mon Dieu  »  » je vous demande pardon, mes soeurs, pour le mal que je vous ai fait »,
On attend vainement cet acte sublime de l’âme qui  reconnait sa misère et son péché et un nouvel ABANDON  à la Miséricorde infinie de Dieu qui est venu sauver ce qui était perdu .
Oui ce film est très humain, magnifiquement humain, cruellement humain.
 » la Foi, c’est 24 heures de doute et une minute d’Espérance » déclare la maîtresse des novices
Il lui manque à la fin, ce souffle divin de la demande de Pardon à Celui qui a donné sa vie pour chacun de nous et qui par sa mort a définitivement vaincu le MAL, quelle que soit l’horreur de notre péché.

Analphabète