Little boy

Little boy est le nom du héros de ce délicieux petit film si drôle et si émouvant à la fois mais c’est aussi le nom de la bombe qui devait détruire Hiroshima.

L’action se déroule en Californie pendant la dernière guerre. Le père de Little boy a dû partir se battre quelque part aux Philippines et Little boy fera tout ce qui est en son pouvoir avec toute la naïveté et la foi de son âge pour faire revenir son père.

Une épouse modèle, une belle figure de prêtre, les gentils d’un côté et les très méchants de l’autre, c’est un peu manichéen mais ça fait vraiment du bien ce genre de cinéma de temps en temps.

Produit par  http://www.sajedistribution.com/, qui nous a déjà offert Les Cristeros dont nous avons longuement parlé ici, ce film de Alejandro Monteverde est actuellement diffusé dans plusieurs salles à Paris, ne boudez pas votre plaisir!

Haddocka

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Sièges en société

Une exposition aussi originale que plaisante se tient dans la galerie de la Manufacture des Gobelins.

Des sièges, des sièges, encore des sièges car: « le siège est la matérialisation plus ou moins symbolique de la présence humaine, tout autant que la couche. »

Chaises, fauteuils, bergères, canapés et banquettes de Louis XIV jusqu’à nos jours mais aussi les cartons des tapisseries et les tapisseries elles-mêmes, les différents métiers, les différents outils.

Car depuis 1663, date à laquelle Louis XIV et Colbert instituent « le garde-meuble de la couronne », le Mobilier National a pour mission de meubler les palais officiels  mais aussi de répertorier, stocker et entretenir les quelques 80000 pièces dont il a la charge.

C’est le fond du Mobilier national, une collection exceptionnelle de plus de 300 sièges qu’il nous est donné de voir, des sièges qui proviennent de l’Elysée, des châteaux de Versailles, Fontainebleau ou Chantilly, le prie-Dieu de campagne de Napoléon sur lequel est brodé le Pater Noster, le fauteuil de Jacques Lang au ministère de la culture et une très belle collection d’écrans de cheminée aux thèmes très variés.

On passe un très agréable moment.

42 avenue des Gobelins 75013 Paris, de 11 h à 18 h sauf le lundi et jusqu’au 24 septembre.

Haddocka

 

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Balenciaga, l’œuvre au noir

 

Superbe exposition proposée par le musée Galliera au musée Bourdelle.

Les robes sculpturales de Balenciaga ( 1895-1972) semblent répondre aux sculptures de Bourdelle, le titre l’annonçait, la couleur est le noir. Couturier viscéralement espagnol, imprégné de culture hispanique, ce n’est pas le noir du grand deuil (l’époque est révolue !), c’est le noir qui rend le vêtement élégant.

C’est le noir inspiré de Goya, de Zurbaran et de Vélasquez. Même les toiles de patrons, ordinairement écru sont ici noires ! Jeu du noir mat et du noir brillant pour les robes et les manteaux du soir, dentelles noires, qui rappellent les mantilles, satin duchesse noir, tailleurs de cannelé de  laine noirs coupés magistralement dans des matières somptueuses comme le cloqué et le façonné. Les ateliers Abraham créent même pour Balenciaga le gazar, une soie contrainte, infroissable permettant d’amples volumes d’une brillance nacrée.  Parfois les robes sont cachées dans des sortes de « confessionnaux » ajoutant au côté mystérieux  un côté théâtral (en fait pour être protégés de la lumière !).

Noir drapé, taffetas de soie bouillonné, broderies de perles et de jais : tout concourt à donner à la femme toute sa féminité en osant même des volumes structurés et modernes que l’on aimerait  porter encore de nos jours .

Petit conseil d’amie: Pour 6 euros achetez le petit catalogue très bien fait qui présente quelques  modèles emblématiques de l’exposition et  un remarquable abécédaire de la couture et des tissus : pan droit fil sur enforme drapé, soufflet, sparterie, cigaline et marquisette n’auront plus de secret pour vous.

Exposition ouverte jusqu’au 16 Juillet au musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle 75015

Fermé le lundi

Mille sabords

 

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Un sursaut de l’esprit français

Voilà ce que j’aurais voulu écrire si j’avais le talent et la culture de Monsieur Guillaume de Prémare, à la différence près que je crois Monsieur Macron aussi responsable de la catastrophe que Madame Le Pen:

Je n’ai pas pour habitude de critiquer une personne. Mais là il le faut. Marine Le Pen a abaissé le débat final de cette présidentielle à un niveau de vulgarité jamais atteint.

Les deux journalistes n’auraient pas dû laisser passer cela. Ils auraient dû taper du poing sur la table et réclamer la dignité, la gravité et la profondeur qui siéent à un tel moment politique, qui siéent à la gravité des sujets abordés ; et surtout à ce qu’est la France.

La France est un pays politique, un pays et un peuple de passions politiques, un pays et un peuple de fractures politiques. Cependant, ce qui régule, apaise et transcende nos passions et fractures françaises, c’est le meilleur de l’esprit français, un esprit de finesse et de pondération au service d’un génie politique, admirablement servi par une langue qui offre les nuances, la grandeur et la poésie qu’exigent la raison autant que l’amour d’une telle patrie.

En 1982, Pierre Chaunu publiait, à la demande de Max Gallo, un ouvrage majeur intitulé La France[1], dans lequel il entreprit le travail considérable d’écrire « une histoire de la sensibilité des Français à la France ». « Qu’est-ce que la France ? », questionne-t-il ? « Elle s’inscrit dans une tradition ancienne qui va de La Chanson de Roland aux Mémoires de guerre en passant par Michelet », répond-il.

Et l’historien de développer : « La France est une personne ; et le mystère d’une personnalité collective n’est pas plus épais que celui des personnages que nous formons à partir de notre être biologique. Tout dans notre langage, prouve que nous croyons, que nous l’admettions ou non, à sa réalité. La France souffre, elle a mal, elle espère, attend, elle peut mourir demain, elle est menacée, trahie, asservie ; elle est en droit d’exiger que pour elle on vive et on meure. »

Une image gratifiante de la France

Il y a dans ces mots quelque chose du poème épique, qui dit quelle est notre mystique politique, celle qui précisément est salie par l’abaissement, l’invective, la vulgarité, l’outrance, la désinvolture, la dérision et le péremptoire. Comment imaginer que les basses passions puissent nous conduire à goûter ensemble la saveur de ce qui nous est commun ?

Ce qui nous est commun, Pierre Chaunu le décrit ainsi : « Au-delà d’une multitude de sensibilités françaises, je perçois une sensibilité des Français à la France qui les contient toutes. » Et Chaunu de poursuivre : « dans l’esprit des Français, à quelque famille qu’ils appartiennent, à partir de motivations différentes, l’image de la France est gratifiante. » Mercredi soir, cette image gratifiante de la France a été défigurée, l’esprit français a été humilié et déshonoré.

Pour l’honneur de la France, pour la passion que nous en avons encore, il est temps, grand temps que, chacun à notre place, nous amorcions un sursaut de l’esprit français dans nos débats : une grandeur, une transcendance, une universalité, un souffle visionnaire, un amour, un humble orgueil français, une éducation ; du désintéressement, de la pondération, de l’élégance, de la finesse, de la distinction… Quelque chose d’aristocratique en somme, qui puisse réveiller la noblesse du peuple.

Guillaume de Prémare

Chronique Radio Espérance du 5 mai 2017

[1] Editions Robert Laffont, collection Pluriel, 445 p

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La religieuse mourante

Une petite histoire pour sourire mais qui prouve aussi l’importance de nos racines qui jamais ne s’oublient même après bien des années loin de la mère-patrie.

La Mère supérieure d’un couvent américain, d’origine irlandaise, a 98 ans. Elle est alitée et en train de mourir. Les religieuses sont toutes réunies autour d’elle pour prier et pour l’entourer d’attentions dans ses derniers moments.

On lui apporte un peu de lait chaud, mais la Mère supérieure refuse même d’y goûter.

Une des religieuses rapporte le verre de lait à la cuisine et se souvient subitement qu’à Noël dernier, un pieux donateur de leur couvent, connaissant l’origine de la Mère Supérieure , a offert une belle bouteille de whisky irlandais à la communauté.

La religieuse retrouve le flacon, l’ouvre et en verse plus qu’une généreuse rasade dans le lait en train de tiédir puis retourne auprès de la mourante.

Elle pose le bord du verre sur ses lèvres et tâche de les lui humecter.

La Mère Supérieure en boit quelques gouttes, puis une lampée, puis une autre, puis encore une autre, et finit par boire tout le contenu du verre jusqu’à la dernière goutte.

Très chère Mère, demandent les religieuses affligées à leur Supérieure, voudriez-vous bien nous donner un dernier conseil avant de nous quitter?

La Supérieure se redresse sur son lit comme ressuscitée, son visage est illuminé par une joie qu’on dirait toute céleste, et elle leur répond:

– Ne vendez jamais cette vache!

Analphabète

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Elections présidentielles

On nous reproche ces jours-ci de ne pas avoir pris parti dans cette campagne présidentielle comme si cela ne nous intéressait pas.
Rassurez-vous, cela nous intéresse au plus haut point mais nous n’avons trouvé personne parmi les onze candidats qui soit vraiment à notre goût parce que personne ne cherche à redonner aux femmes la place qu’elles mériteraient au sein de notre société.

Egalité des salaires, plus de crèches, congé parental partagé, il s’agit pour les femmes de devenir des hommes comme les autres.

Or ce n’est pas notre point de vue. Nous pensons que les femmes ont sur cette terre et dans notre pays,  la mission spécifique de donner la vie et d’éduquer le petit d’homme aux premières règles du « vivre ensemble ».

Aujourd’hui la pression économique est telle que beaucoup de femmes sont obligées de travailler et que des couples sont contraints de renoncer à un troisième ou quatrième enfant faute d’aides appropriées.

Nous continuons de militer pour un véritable salaire maternel et des allocations familiales sans condition de ressources, parce qu’élever des enfants est un vrai métier et elle avait bien raison cette jeune femme qui en face de « profession » avait écrit « cent » et non pas « sans ».

Immigration, travailleurs détachés, retraites, si la France avait les enfants qui ne sont pas nés depuis les années 70-80 nous n’en serions pas là. Un pays sans berceaux est un pays condamné à mourir.

Ceci étant dit et maintenant que se profile le deuxième tour des élections présidentielles, le problème se pose autrement. Restent en lice deux candidats complètement opposés sur à peu près tous les sujets.

Nous redisons ici notre attachement au respect de la vie de la conception à la mort naturelle sans GPA et sans PMA.

« Je souhaite faire avancer encore l’égalité des droits…Vous l’avez compris, ma priorité sera la lutte implacable contre les anti-LGBTI (sic) dans toutes leurs dimensions. »(Lettre ouverte d’Emmanuel Macron aux LGBTI 16-04-2017).

« Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence? » déclare de son côté Pierre Bergé, grand ami du prétendant.

Et bien non, nous n’admettons pas un tel mépris, nous avons une autre vision de l’homme! A bon entendeur, salut !

Photo Dick MA sur Facebook

Les femmes ad hoc

 

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LES GRANDS HOMMES ET LEUR MERE

 Les grands hommes et leur mère : Louis XIV, Napoléon, Staline et les autres par Melchior-BonnetRenouveler la biographie d’hommes célèbres par le prisme original de leurs relations avec leur mère, telle est la volonté de Sabine Melchior Bonnet dans son nouveau livre    » les Grands Hommes et leur mère » (Editions Odile Jacob)

Depuis l’antiquité jusqu’à l’époque contemporaine, en une réunion étonnante, déroutante même, de Néron à Martin Luther King, d’Alphonse de Lamartine à Churchill en passant par Staline ou Hitler, l’auteur  a choisi  quinze grands hommes, surtout suivant les sources dont elle disposait (correspondances, mémoires). Ainsi de 1800 à 1820, Alix de Lamartine a écrit environ 2000 pages sur la vie quotidienne des ses enfants.

Mais qu’est-ce qu’un grand homme ? Est-ce seulement les circonstances ? Le fait d’être sorti de sentiers battus….Peut-on pour répondre à la question, remonter le passé vers les fondations, l’enfance ?

Des points communs rassemblent ces grands hommes :

Très souvent, le père est absent, soit sur un champ de bataille, soit pris par ses affaires, soit mort (les mères, veuves, exercent de fait des responsabilités).

Toutes les mères veulent que leur fils soit instruit. Ainsi, malgré la tristesse de la séparation d’avec son fils, le but de Laetizia, est que Napoléon quitte la Corse pour poursuivre ses études. La mère de Staline dont le mari était cordonnier, croyait dans l’éducation. Elle a tout fait pour que son fils entreprenne des études au séminaire et devienne pope…

Nous ne pouvons passer en revue tous les héros de l’auteur mais certains nous attirent, particulièrement, surtout dans une  première période .

En effet, le rôle des mères apparaît différent suivant les époques :

Jusqu’à la fin du 17° siècle, une bonne mère est une « tota virago » ; « un cœur d’homme dans une intelligence d’homme ».

Ainsi Agrippine, descendante directe de l’Empereur Auguste, et fière de l’être, consacrera toute son énergie, ne reculera devant aucune intrigue, aucun crime pour que son fils devienne empereur. Néron est ce qu’elle a de plus cher, elle sait qu’elle ne sera jamais impératrice. Par l’intermédiaire de son fils, elle va jouer un rôle politique important mais non reconnu alors. Telle mère, tel fils, Néron fera assassiner sa mère. Il n’a que 21 ans.

Louise de Savoie a préparé son fils à devenir roi. Elle avait l’intuition d’une mère sur le destin de son fils (branche cadette des Valois-Orléans) dont les chances étaient minces de devenir roi. Avec intelligence, énergie et en prodiguant tout l’amour possible à son fils, Louise de Savoie est une remarquable éducatrice.  François est devenu un roi dont la réputation se transmet de génération en génération. Régente à deux reprises, fine diplomate, son fils  suit la politique de sa mère. Effondré à la mort de celle-ci, il compare Louise de Savoie à un homme d’Etat : « Ô Cœur qui ne sentiez de femme que le nom. »

Saint Augustin rend hommage à sa mère dans « les Confessions ». Sa mère dont le souhait le plus profond de la conversion de son fils s’est réalisé. Mais combien de temps aura-t-elle passé à le suivre dans ses pérégrinations intellectuelles et autres, de Rome à Milan? Que de fois ne l’a t- elle pas rabroué ? Saint Augustin dit que sa mère l’a toujours « réveillé ».

Jusqu’à la fin du 17° siècle, la tendresse n’apparaît pas spontanée. Peut-être la forte mortalité infantile y est -elle pour quelque chose . Les femmes peu à peu se détachent du devoir seul et à partir du 18° siècle, c’est l’explosion de l’amour maternel: la mère qui embrasse, qui câline son enfant.

Et la mère écrit aussi des traités d’éducation, des lettres. L’objectif est de former la conscience du jeune homme, de lui montrer ce qu’on attend de lui. La gloire mais une gloire digne. Ainsi, Louise d’Epinay est une tendre mère qui ne cessera, sa vie durant, de protéger son fils léger et frivole. Louis Joseph est sensible à l’affection de sa mère, se perd en regrets éternels mais ne tiendra aucun compte des enseignements maternels s’efforçant de lui donner le sens des responsabilités

Au 20° siècle, les fils ressentent le besoin d’éloigner leur mère et son côté accapareur, inquisiteur. Et que dire de Staline et Hitler qui n’ont eu de cesse de gommer toute trace de leur enfance, de Churchill qui a aimé une mère toujours absente ou encore de Sartre dont la mère dira qu’il n’a rien compris à son enfance ?

Sabine Melchior Bonnet est une historienne spécialiste des sensibilités et a écrit de nombreux ouvrages sur la vie culturelle, la vie privée. On en n’ a jamais fini avec son enfance. L’auteur ne renie pas l’héritage freudien. Il reste sous-jacent mais on ne tombe ni dans des explications trop exagérées ou trop psychologiques , ni  dans l’anachronisme.

Cet éclairage nouveau,  au travers de ces quinze nouvelles bien écrites, bien construites, nous entraîne dans une ronde historique passionnante.

Moussaillon

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