Vive les vacances

Et oui même les femmes ad hoc prennent des vacances et comme nous supposons que vous faites de même, auriez-vous seulement le temps de nous lire entre: plage, grandes réunions familiales et pique-niques à préparer pour des meutes affamées?

Alors bonnes vacances et à très bientôt.

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Impressions de voyage: Le métro de Moscou

20160907_213628Certes le métro de Moscou se visite comme un musée.

On descend dans les profondeurs de ce « Palais du peuple » comme aimaient le confier les résidents du Kremlin.

Sol de marbre, grandes fresques au plafond,  mosaïques sur les murs exaltant les vertus du travail, de l’agriculture,  de la patrie, de la fécondité…mais je voudrais  écrire ici ce qui m’a le plus marquée. 20160907_215014

20160907_215300Aucune place pour la publicité, c’est reposant. Aucun tag non plus. Pas de mendicité dans les wagons, (il n’y en a pas non plus dans la rue !), pas d’accordéon, ou autres, pas de blabla…Pas de cris non plus. Tout le monde se respecte en silence. Pourtant il y a beaucoup de jeunes mais ils sont habillés correctement et se tiennent comme des adultes. Pas d’anneaux dans le nez ou les sourcils, pas de cheveux longs et gras, pas de baskets avachis ni de jeans troués. Bref une jeunesse comme chez nous avant et qui se retrouve partout en ville…Une jeunesse studieuse et qui veut travailler. Pas de racket non plus et pas besoin de wagons roses réservés aux femmes comme à Londres. Ici on se sent en sécurité.

Et ce qui m’a marqué le plus est le contrôle des  billets : 3 ou 4 personnes  par station surveillent le passage des voyageurs en haut des escaliers mécaniques et 2 en bas, bien installés dans leur cage de verre.

Contrôle naturel et systématique. Personne ne saute par-dessus les barrières, personne ne se  retrouve devant une armada de contrôleurs souvent débordés par le flux des voyageurs. Ici rien de tel.

Et pourtant Moscou est une ville de 12 millions d’habitants, son  métro est le plus fréquenté du monde après Tokyo, 6,82 millions de voyageurs par jour, 203 stations, 12 lignes, 339 kms de voies.metro-moscou

Tout se fait dans l’ordre, le calme et la discipline bien comprise, trois vertus que l’on aimerait retrouver dans le métro parisien!

Les Russes auraient-ils un sens plus poussé du civisme ?

Ce qu’ils ont réussi à faire chez eux, ne pourrions-nous pas le faire aussi chez nous?

Mille sabords

 

Publié dans Billets d'humeur, voyage

Profession du père

                                            – Que faut-il écrire dans la case: « Profession du père » sur la fiche que l’on remplit  au collège le jour de la rentrée quand on a un papa qui se prétend agent secret, grand responsable de l’OAS depuis que son ami intime De Gaulle l’a trahi mais qui traine en pyjama toute la journée à la maison?

– Que faut-il faire pour être à la hauteur de ce père mythomane, manipulateur et violent en pleine guerre d’Algérie?

– Que faut-il faire pour échapper aux coups de ceinture, aux baffes et à l’enfermement dans l’armoire, le « cachot »?

Ce roman de Sorj Chalandon (mais est-ce bien un roman) vous prend et ne vous quitte plus tant il est bien mené et tellement triste en même temps que plein d’humour.

Ecoutez ce que dira le petit Emile devenu grand:

« Mon père, ma mère et moi. Juste nous trois. Une secte minuscule avec son chef et ses disciples, ses codes, ses règlements, ses lois brutales, ses punitions. Un royaume de trois pièces, aux volets clos, poussiéreux, aigre et fermé, un enfer. »

En grandissant Emile va, non sans mal, se sortir de ce huis clos mais sans haine, ni pour son père ni pour sa mère qui n’aura rien fait pour l’aider, paralysée par la peur et « sous influence » depuis trop longtemps.

Sa seule vengeance sera son fils Clément (un prénom qui est déjà tout un programme) à qui il donnera tout l’amour possible.

Un beau roman sur l’enfance martyrisée à l’abri des regards.

Sorj Chalandon a reçu le prix du meilleur roman 2015, on comprend…

paru chez Grasset (2015), puis en livre de poche.

Haddocka

 

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En attendant Bojangles

Prenez un couple fusionnel, un vieux sénateur, un grand oiseau des îles apprivoisé, un 78 tours de Nina Simone qui chante « Monsieur Bojangles », secouez bien, arrosez copieusement de cocktails variés et vous obtiendrez l’hilarant premier roman d’Olivier Bourdeaut.

L’auteur, c’est le petit garçon qui voit  ça et ne comprend pas tout, qui adore la vie que lui offrent ses parents, si fantaisiste, sans contraintes et pleine d’imprévus.

Un premier roman très gai, très amusant, mais pas seulement, car la folie, même si on essaie de la transcender pour la rendre jolie avec beaucoup d’amour, reste une tragédie!

« Au deuxième étage de le clinique il y avait les « déménagés du ciboulot ». Pour la plupart le déménagement était en cours, leur esprit partait petit à petit, alors ils attendaient patiemment la fin du nettoyage en mangeant des médicaments ».

Terrible constat d’échec de la médecine à guérir les maladies du cerveau.

Alors on referme le livre en se disant « pauvre gosse », avec un poil de mauvaise conscience d’avoir tant ri à une histoire de fous!

Parfait petit roman à glisser dans sa valise ou à prévoir pour un trajet en train.

Haddocka

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Portrait d’une égérie russo-allemande: un film à voir

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Deux superbes expositions qui se complètent à merveille à voir au Petit Palais à Paris

 

 Le Baroque des Lumières (jusqu’au16 Juillet. Fermé lundi, nocturne jusqu’à 21h le vendredi)

L’une propose de découvrir des chefs-d’ œuvres d’ églises parisiennes au XVIII° siècle. Première originalité de cette exposition : la scénographie recrée une église avec autel et chapelles latérales qui permet d’avoir sous les yeux des toiles de grandes dimensions (en général situées dans les églises à une dizaine de mètres de hauteur et parfois dans des endroits peu éclairés )  pour admirer la composition des tableaux et la fraicheur des coloris somptueux .

Seconde originalité : faire prendre conscience au visiteur de l’évolution de cette peinture religieuse au cours du siècle. Au début les sujets, tirés du Nouveau Testament, sont peints dans des coloris clairs. La Contre-Réforme veut émouvoir en plaçant Marie au coeur du tableau, entourée d’une foule de personnages et d’angelots (auxquels il ne manque que la parole !!) ou des saints très connus comme Saint Pierre, Saint Paul…A la fin du siècle les tableaux s’assombrissent, des personnages de l’Ancien testament apparaissent dans des architectures  à l’antique. Admirer le superbe Christ en Croix de David (1782). Sans oublier la sublime musique de Rameau et le Benedic anima mea de François Giroust, auteur de la musique du sacre de Louis XVI qui donne à cette visite encore plus de spiritualité .

De Watteau à David ; l’art du XVIII° siècle dans la collection Horvitz (jusqu’au 9 juillet 2017)

La seconde exposition présente  l’art du XVIII° siècle dans  la collection Horvitz : dessins, aquarelle, gouache, sanguines, tableaux de chasses de Desportes, portraits de Nicolas de Largillière, tableaux de Fragonard, Bouchardon, Watteau, sculptures de Pajou…C’est un vaste panorama de 200 pièces que nous offre cette collection. L’autre intérêt de cette seconde exposition  consiste à retrouver par exemple Jean Jouvenet dont nous venions d’admirer le Magnificat peint en 1716  pour la voûte de la chapelle royale à Versailles peindre la Pentecôte pour le même lieu vers 1708 : mêmes sublimes coloris, même foule de personnages et même mouvement d’extase de la Vierge .

Plus loin nous découvrons  Jean-François de Troy qui nous avait touchés avec un tableau représentant Vincent de Paul prêchant peindre dans un tout autre registre et avec une tout autre palette une scène de genre vers 1742. François Lemoine ou Le Moyne (1688-1737) qui avait peint  de façon assez classique  un Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert en 1726 pour l’église saint Eustache peint ici  10 ans plus tard un miracle du Christ la guérison de l’aveugle né, superbe esquisse à l’huile, très baroque dans sa facture. Enfin le dessin à la plume de David montrant la douleur d’Andromaque  est à comparer avec le Christ en Croix peint la même année.

Un conseil : Pour profiter au mieux de cette belle après-midi riche en émotions, je vous suggère de vous reposer entre ces 2 expositions à la cafeteria  sise dans ce délicieux  jardin du Petit Palais après-midi .  Bonne visite !

Mille sabords

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Eglise et immigration

« Que serait une justice qui remettrait les dettes, où l’on pardonnerait sans punir, une diplomatie où on tendrait la joue gauche ou une économie où l’ouvrier de la onzième heure  recevrait le même salaire que celui qui a œuvré tout le jour? »

A coup sûr à l’anarchie et à la ruine, nous dit Laurent Dandrieu dans son livre: Église et immigration, le grand malaise.

Un principe évangélique s’entend dans le sens d’un perfectionnement moral individuel pour mériter le Ciel mais n’est pas une règle de droit.

De même: « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » qu’on lit dans l’évangile de Saint Matthieu (25- 35) ne peut fonder une politique sociale.

Pourtant c’est actuellement la confusion qui règne dans L’Église à propos de l’immigration et elle n’est pas nouvelle. Dialogue inter-religieux oblige! Mais un chrétien a le devoir de rester libre en politique.

 » Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays » déclarait encore très récemment le pape François.

Accueillir l’étranger même s’il se présente en masse, ne regarder le problème que du côté du migrant qui a droit à rechercher un avenir meilleur ailleurs sans jamais se placer du point de vue de l’autochtone qui voit ses habitudes, son mode de vie,  sa civilisation se modifier en profondeur au risque de disparaître,

voilà le grand malaise.

Laurent Dandrieu, simple laïc mais aussi journaliste spécialiste des affaires religieuses, fait le tour de la question dans ce livre très documenté et très bien argumenté mais il n’est pas le seul à s’inquiéter de la situation. De nombreuses voix s’élèvent et dans L’Église même.

Un livre essentiel qui se termine cependant sur une note d’Espérance:

Si la pression islamiste donnait aux français et aux européens fatigués de l’hédonisme et de l’individualisme ambiant, le goût de renouer avec les trésors de leur civilisation, reconnaître les immenses bienfaits de L’Église et se décider à les défendre, tout reconstruire de la base….

Aux Presses de la Renaissance

Haddocka

 

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