Agnès de La Barre de Nanteuil

agnès de nindexUn bien joli nom pour une bien belle jeune fille qui nait en 1922 d’un père aristocrate normand et d’une mère née Cochin, grande famille parisienne dont le plus connu, l’abbé Denys Cochin, curé de Saint Jacques du Haut-Pas a laissé son nom à l’hôpital (hospice à l’époque) ainsi qu’Augustin Cochin, grand humaniste chrétien et historien de la Révolution.

Enfance à Paris, vie familiale très heureuse, deux frères et trois soeurs viendront après elle, des parents catholiques et pas seulement de convenance mais de profonde conviction.

La crise économique de 1929 entraine des revers de fortune pour la famille qui doit renoncer à la vie parisienne et s’installe en Bretagne près de Vannes.

C’est là qu’Agnès va vivre une adolescence très engagée dans les mouvements d’action catholique, elle sera également cheftaine de louveteaux.

Cette volonté d’agir et de servir va trouver tout naturellement  à s’exercer dès le début de la guerre. La débâcle et l’afflux de réfugiés la font s’engager dans la Croix rouge, elle sera infirmière en 1943.

Elle supporte très mal l’occupation de son pays et cette même année, à la suite de sa mère, elle s’engage dans la Résistance, dans le réseau Libé-Nord sous le nom de Claude.

Le 14 mars au matin, alors qu’elle revient de la messe, elle voit devant sa maison les voitures de la Gestapo. Elle pourrait encore fuir mais craint pour sa famille, aussi se laisse-t-elle arrêter.

Interrogatoires, humiliations et tortures pendant trois longs jours, elle tient le coup et est transférée à la prison Jacques Cartier de Rennes.

Le 2 août 44 Rennes est libérée, la prison évacuée mais les allemands décident d’emmener les prisonniers avec eux. 1500 détenus sont ainsi jetés dans des wagons à bestiaux en direction des camps allemands. Le convoi est bloqué à Langeais près de Tours. Le 6 août vers 19 h le convoi sera pris pour cible par six avions de la Royale Air Force qui ignorent qu’ils ont affaire à un convoi de prisonniers. C’est la panique, les prisonniers tentent de s’enfuir et les allemands tirent à bout portant. Agnès se plie en deux, elle est gravement touchée au ventre.

Soignée sur place puis à Tours par ces journées de grosses chaleurs, elle va devoir vivre encore sept jours d’une agonie terrible. Elle meurt le 13 août et c’est à Paray le Monial, la ville du Sacré Coeur qu’elle sera débarquée et enterrée.

Toutes ces épreuves seront vécues et acceptées avec une Foi profonde et un total abandon à la Providence qui feront l’admiration de tous.
Christophe Carichon (Editions Artège) raconte avec simplicité et beaucoup d’anecdotes cette belle et courte vie. Un livre édifiant à mettre entre toutes les mains, surtout celles de nos adolescents qui trouveront là une belle histoire dans la grande Histoire, une vie librement offerte pour la France.

Une promotion de l’EMCTA (Ecole militaire du corps technique et administratif) de Coëtquidan porte son nom ainsi que plusieurs groupes scouts.