Bienvenue

Vous souhaitez entendre autre chose sur les femmes,
Vous pensez qu’elles méritent mieux que l’image qu’en donne la publicité,
Vous pensez que la société de consommation nous fragilise plus qu’elle nous apporte,
Vous pensez qu’il n’est pas indispensable d’avoir un corps de rêve pour être une vraie femme,
Vous pensez que la femme n’est pas un homme, que chacun a sa place et sa mission spécifique et que les deux sont complémentaires,
Vous pensez que le propre de la femme c’est le don, le don de la vie d’abord mais plus généralement le don de soi,
Vous pensez que les femmes peuvent apporter des solutions intelligentes à une société en perte de repères…

…Entrez en résistance avec nous.

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Publié dans Non classé

« Le zèle pour ta maison fera mon tourment. » 

En cette semaine sainte et après les terribles événements de lundi nous n’avons pas le cœur à vous parler d’une belle exposition ou d’un beau livre.

« Le zèle pour ta maison fera mon tourment »

Cette phrase d’un psaume reprise en St Jean (2, 17) résume bien notre état d’esprit. Nous sommes tristes de l’état de Notre Dame de Paris mais  nous sommes sûres qu’elle sera reconstruite plus belle qu’avant comme dit la chanson.

Cependant on peut se demander ce que ces événements, permis par le ciel, signifient.

L’Église, ce n’est pas seulement ces maisons de pierre, des plus humbles aux plus belles, l’Église c’est avant tout le peuple des baptisés, les voilà les pierres vivantes.

 Et bien ces pierres vivantes je les ai vues en déambulant le long de la Seine ce 15 avril, dans ce périmètre interdit aux voitures et donc silencieux. Ici et là montaient des voix cristallines qui chantaient des cantiques ou égrenaient des « ave ». Ils n’étaient pas nombreux à chaque fois, la plupart du temps très jeunes, mais ils entrainaient derrière eux tous ceux qui connaissaient encore leur « je vous salue Marie ».

Et hier soir ce fut plus beau encore. Tous ces jeunes réunis place Saint Michel. Au micro l’un d’entre eux expliquait qu’au trou béant dans la voûte de Notre Dame correspondait le trou béant de notre désarroi  et  de nos failles aussi.   N’est-ce pas par les trous qu’on voit le mieux le ciel ? C’est par là que le Christ et sa mère veulent entrer dans nos cœurs.

Spectacle extrêmement touchant. Il est là l’avenir de l’Église, petits cailloux pourrait-on dire, mais regardons ce qu’a pu faire le facteur Cheval avec des cailloux et espérons, espérons sans cesse, espérons toujours .

Bons jours saints et bonne fête de Pâques

Haddocka

Publié dans L’humeur d’Haddocka

Leur souffle

 Documentaire réalisé  par Cécile Besnault.

Tout commence par la prise du long voile noir de l’habit traditionnel le jour des voeux perpétuels, de sœur Bénédicte, sa réception de l’anneau, signe de son alliance avec Dieu puis de l’Eucharistie qui scelle son amour pour Dieu. Le portail s’ouvre et accompagnée de l’évêque, Sœur Bénédicte, le sourire radieux, entre dans sa nouvelle famille monastique, les bénédictines du monastère de Notre-Dame de la Fidélité, à Jouques en Provence

 Ora et labora, Dieu est présent partout et les moniales en «bleu de travail» sont au volant de tracteurs nettoyant les vignes, ou en cuisine (labora : le travail), puis revêtent leur habit traditionnel pour l’oraison (ora : la prière). Tout ce que l’on imagine ou sait, pour l’avoir déjà vu.

L’originalité du film tient à ce parti pris : Pas de musique, pas de dialogues, seulement ces psaumes en latin (traduits au bas de  l’écran) chantés par les voix cristallines des moniales et  les sonneries des cloches qui appellent les religieuses à  la prière et rythment leur journée ; séquences illustrées par de belles  phrases qui s’inscrivent en blanc sur l’écran noir, comme les têtes de chapitre d’un livre.

Nombreux moments de silence et d’écrans noirs font entrer  le spectateur dans cet univers à des années-lumière de leur vie quotidienne mais il y a trop de longueurs. Le film dure deux bonnes heures, il est parfois ennuyeux (la partie de balle au prisonnier par exemple  est trop longue et parait très superficielle).

 Il ne suffit pas de faire de nombreux gros plans de visages de religieuses en prière, de nombreux arrêts sur image  pour faire un bon film. Un film n’est pas un livre. Et je n’ai pas été touchée, ce que je regrette.

Peut-être que d’autres que moi le seront,
je le souhaite.

Mille sabords !

Publié dans Cinéma

Les matins de Jénine

Le conflit israélo-arabe vu du côté palestinien, c’est assez rare pour être signalé, à travers une famille installée depuis toujours dans le petit village d’Ein Hod en Galilée où on cultive des olives.

L’auteur, Susan Abulhawa, le dit clairement dans sa préface : « Bien que les personnages de ce roman soient imaginaires, la Palestine, elle, ne l’est pas »

Des personnages inventés se déploient dans une histoire malheureusement bien réelle. Septembre noir, Sabra et Chatila, les intifadas, les camps de réfugiés dont celui de Jénine, autant d’épisodes de l’histoire récente qui sont traités ici de façon poignante à travers Amal, ses parents, sa famille, ses amis de 1941 à 2002.

des femmes sur les ruines de leurs maisons après l’attaque israélienne le 18 avril 2002

Un éclairage intéressant sur un conflit non résolu qui est à la base de bien des problèmes de géopolitique actuelle et dont des hommes et des femmes font les frais depuis 70 ans.

Un roman très enlevé, facile et agréable à lire mais bien sûr c’est la guerre et certaines scènes sont difficiles à supporter, pensons qu’elles le sont surtout pour ceux qui les vivent.

Les matins de Jénine de Susan Abulhawa. Editions Buchet Chastel 2008. Repris aux Editons Pocket.

Haddocka

Publié dans A lire

Funan

Drame historique réalisé par Denis Do.

Sans doute fallait-il créer ce film d’animation pour évoquer ces massacres (2 millions de morts) perpétrés par les khmers rouges au Cambodge entre 1975 et 1979. Peut-être ce  genre de film permet-il d’appréhender avec plus de distance ces horribles évènements, peut-être l’identification avec les personnages animés est-elle plus difficile ?

Quoiqu’il en soit ce film est une  formidable réussite et je le recommande  vivement aux adolescents et aux adultes. La cruauté des tortionnaires qui privent de liberté et de dignité ces populations, qui , déshumanisés eux-mêmes, séparent les enfants  des parents pour mieux les endoctriner, s’expriment en paroles brutales et péremptoires pour « purifier le peuple de l’impérialisme  américain et du capitalisme « . Pas de pathos, des coups de feu et des larmes qui coulent silencieusement sur les joues des enfants ou de leurs parents.

Face à eux, une population terrifiée, soumise aux travaux forcés de jour comme de nuit, des gens qui réfléchissent aux moyens de survivre, hésitant entre rébellion et soumission, surtout lorsque Sovanh , garçonnet de 3 ans se perd dans une de ces longues marches éprouvantes. C’est alors que commence le long calvaire de ses parents pour le retrouver.

Support du film : un graphisme qui dépasse les mots, un graphisme délicat qui, au milieu de ce monde de brutes, parvient à sauver par sa magnifique poésie l’émerveillement de Sovanh devant une famille de canards, un croassement de grenouille. Les rizières aux tons pastels, les crépuscules orangés, les nuits bleutées expriment encore l’espoir, la volonté de croire à la sortie du tunnel.

Film courageux car rien n’est passé sous silence : ni les difficiles relations humaines, même au sein d’un couple aimant, les faiblesses humaines, même parmi les khmers rouges. Enfin un film qui ose dire que  tout comme le fascisme et le nazisme, la dictature communiste a tué, elle aussi,  par idéologie.

Quant au titre assez énigmatique, « Nolan » voici ce qu’en dit le jeune réalisateur dans une interview réalisée par le Centre National du Cinéma (CNC)

« C’est le nom que les explorateurs chinois ont donné à cette région qui aujourd’hui constitue le Cambodge. C’est la naissance de cet état. Pour moi, ça avait un sens très personnel. Je voulais rapprocher le départ de cette civilisation avec sa probable auto-extinction qui est illustrée dans le contenu du film. Mais je ne l’explique pas parce que je trouve que narrativement c’est toujours intéressant de rester mystérieux sur certaines choses. J’espère qu’il suscitera des questionnements. Pour moi, un film est une porte entrouverte qui invite à aller découvrir autre chose. »

Mille sabords

Publié dans A voir

Sergeï Chepik

Vous avez encore quinze jours pour découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Sergeï Chepik, peintre russe chrétien orthodoxe contemporain (1953-2011)

Deux salles sont consacrées à une rétrospective au Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe de Paris, sous les bulbes dorés du quai Branly.

Dans une première salle, des sujets religieux très tourmentés comme peut l’être l’âme russe, on pense inévitablement à Dostoïevski. Le peintre compare la passion de la Russie aux mains des communistes à la Passion du Christ en un très beau et douloureux triptyque.
Le premier, l’Apocalypse, représente la Révolution sanglante, la folie destructrice et les massacres de Kiev, ville natale de l’artiste.
Le deuxième, la Crucifixion, veut montrer les horreurs de la guerre.
Enfin le troisième intitulé la Pietà symbolise le génocide des innocents.
Dans cette même salle on peut aussi admirer une série de dessins qui illustrent le roman de Mikhail Boulgakov : La garde blanche.

Dans la deuxième salle juste en dessous, des sujets profanes. En particulier un grand tableau intitulé Petroucka, composition faite des rêves, contes et légendes russes qui ont bercé l’enfance du peintre (2006). C’est très frais, très gai, bourré de détails savoureux. Sans doute aussi un retour sur sa chère Russie qu’il a quittée en 1988 pour venir s’installer à Paris. Ce qui nous vaut d’autres belles toiles, encore différentes et qui montrent l’étendue des possibilités de ce peintre qui était aussi portraitiste, céramiste et sculpteur.

Pourtant c’est l’Angleterre qui le découvre après une exposition à Londres qui aura un immense succès. Il peint alors des toiles monumentales pour la Cathédrale londonienne : la Voie, la Vérité et la Vie.

A contre-courant des modes et de l’art officiel, à travers toutes les techniques, Chepik est un artiste très particulier, trop tôt disparu, qu’il serait dommage de continuer à ignorer.

CSCORP : 1 quai Branly Paris 7°
Ouvert tous les jours de 8 h à 17 h jusqu’au 31 mars.
Entrée gratuite

Analphabète

Publié dans A voir

Ces femmes en jaune

Ce sont bien des femmes qui ont déclenché le mouvement des gilets jaunes.

Priscilla Ludosky

Jacline Mouraud, Priscilla Ludosky, Laetitia Dewalle ont jeté un jour leur ras le bol sur les réseaux sociaux et leurs interventions sont devenues virales. La vidéo de Jacline Mouraud a été vue  six millions de fois et la pétition en ligne de Priscilla Ludosky a recueilli plus d’un million de signatures et déclenché les premières manifestations.

La suite on la connait … mais pas la fin !

Qui sont ces femmes ?

Ce sont des femmes qui ont un emploi, pas des assistées, mais l’augmentation de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) fait monter dramatiquement la facture d’essence de toutes celle qui n’ont que leur voiture pour aller travailler, faire leurs courses, conduire leurs enfants ici et là. Les fins de mois sont très difficiles.

« J’ai un travail mais je n’ai pas de vie » disait l’une d’elles sur un rond-point.

Les plus vulnérables sont les veuves n’ayant pas travaillé et qui n’ont que la pension de réversion de leur mari, souvent pas grand chose, et les femmes seules avec des enfants à charge. Sans parler des dégâts du chômage. Mais tous les petits salaires sont en difficulté.

Aux revendications du début, (on a tiré sur le fil et tout est venu), ce sont ajoutées toutes sortes de doléances chacun voyant midi à sa porte et cherchant à améliorer son quotidien plus en fonction de sa situation que du bien commun.

Nous n’échapperons pas à la règle. Soucieuses de la défense des femmes et surtout des mères, nous souhaiterions que toutes celles qui se consacrent entièrement à une famille nombreuse, un enfant handicapé ou un parent dépendant perçoivent un salaire et surtout une retraite pour ces années où elles ont déchargé l’État d’une prise en charge coûteuse.

Mais comment financer cela ?

Peut-être en supprimant les subventions aux associations… Quel est le rapport ?

Les mairies, les départements, les régions, l’État, subventionnent de nombreuses associations sans jamais nous demander notre avis. Une association grande ou petite doit vivre de ses adhérents et des cotisations, pareil pour les syndicats, pour les clubs sportifs et même pour les journaux. Si un quotidien, une association ne peut plus vivre de ses propres deniers et bien qu’elle disparaisse.

Ainsi l’argent récupéré pourrait être versé à toute personne cessant une activité professionnelle pour s’occuper d’un proche, créant ainsi la seule association qui mérite de l’aide.

Ce sera notre contribution au grand débat national !

Haddocka

Publié dans faits de société

Une intime conviction

Un film d’Antoine Raimbault

En droit français, tant qu’on n’a pas fait la preuve de votre culpabilité, vous êtes présumé innocent.
C’est le verdict rendu devant Jacques Viguier car ne pèse sur lui aucune preuve du meurtre de sa femme Suzanne dont on n’a jamais retrouvé le corps.
Seulement le parquet fait appel de cette décision et c’est le procès en appel en 2020 que nous conte ce film. Tout est vrai, toutes les répliques sont celles du procès.

Bien évidemment le but de ce jeune réalisateur dont c’est le premier long métrage, n’est pas de nous refaire le procès mais de montrer la complexité, les erreurs possibles, la place des rumeurs, la difficulté à garder le cap, à lever les doutes, à ne pas se fier à son intime conviction, à ses sentiments.

Pour cela, le réalisateur fait entrer dans le film un personnage de fiction, Nora (Marina Foïs) qui, juré dans le premier procès, veut à toutes forces faire la preuve de l’innocence de Jacques Viguier et pour cela obtenir l’engagement d’un ténor du barreau, Maître Dupont Moretti.
Elle y sacrifiera tout son temps et toute son énergie jusqu’à tomber à son tour, dans le panneau… d’une intime conviction et de perdre toutes les qualités requises à un jugement droit.
Maître Dupont Moretti, remarquablement interprété par Olivier Gourmet s’adresse aux jurés dans sa plaidoirie: « Nous ne sommes pas ici pour imaginer ni pour juger mais pour rendre la justice« . Dupont Moretti a des manières bien abruptes mais c’est bien lui qui croit le plus en la Justice.
Mention spéciale à Laurent Lucas ( Jacques Viguier) qui ne dit  pratiquement rien mais qui crève l’écran en bipolaire anéanti par dix ans de procédure.

Un sujet très intéressant (on aime ces films où on ressort plus intelligent qu’on est entré), on apprend beaucoup de choses sur le monde judiciaire qui reste opaque à beaucoup d’entre nous alors que tout citoyen majeur peut être appelé comme juré.

Pour tous les étudiants en droit et ceux que cette filière intéresse : un cours magistral.

Haddocka

Publié dans A voir